Strasbourg, 05/07/2001 (Agence Europe) - Le Parlement européen a réservé (voir aussi EUROPE du 4 juillet, page 3) un accueil largement positif à la Présidence belge. Nous attendons notamment d'elle, a dit le président du groupe PPE/DE, l'Allemand Hans-Gert Pöttering, qu'elle assure que la représentation des pays membres au sein de la Convention (si Convention il y a) soit de très haut niveau. En outre, il aimerait que M. Solana puisse rendre régulièrement compte au Parlement de l'évolution de la PESC. Ambition politique, programme bien articulé, offre d'alliance avec le Parlement: voici autant d'aspects positifs de la déclaration de la Présidence belge, constate le président du groupe socialiste, l'Espagnol Enrique Baron. Pour lui, la déclaration de Laeken doit ouvrir la voie à la" constitutionnalisation" des traités, mais aussi aborder les questions économiques et sociales. Pour le groupe libéral, le Belge Willy De Clercq a souhaité un signal fort à Laeken en ce qui concerne l'avenir de l'Union mais aussi en ce qui concerne sa place dans le monde (en Afrique, dans ses relations avec les Etats-Unis, l'Asie, le Moyen-Orient). La ratification de Nice est un problème qui reste à régler, et des erreurs ont été commises à Nice, notamment en ce qui concerne la représentation équitable des pays candidats, a estimé la co-présidente du groupe des Vers, la Finlandaise Heidi Hautala, qui se félicite de l'intention de la Présidence belge de poser la question de la taxe Tobin au Conseil Ecofin après la rentrée. Aucun sujet ne doit être tabou au sein de l'Union, a affirmé le président du groupe de la Gauche unitaire/Gauche verte nordique, le Français Francis Wurtz, en donnant acte à M. Verhofstadt d'avoir reconnu l'existence d'une crise d'identité en Europe. M. Wurtz est préoccupé par les retombées sur la zone euro de la dégradation de l'économie américaine: malheureusement, contrairement à la Federal Reserve américaine, la BCE n'a pas le mandat d'agir pour favoriser la croissance et l'emploi, a-t-il dit. C'est l'apparition graduelle d'une Europe à deux niveaux qui inquiète Gerarld Collins, Irlandais, pour le groupe Union pour l'Europe des nations.: les petits Etats doivent être mieux représentés, selon M.Collins, qui, comme d'autres - notamment Gerardo Galeote Quecedo (Partido Popular, espagnol) - plaide également pour une action au niveau européen contre la criminalité organisée. Nous sommes prêts à exercer une pression critique mais constructive sur la Présidence belge, a déclaré le Danois Jens-Peter Bonde, président du groupe Europe des démocraties et des différences, en invitant M. Verhofstadt à lire le mémorandum de l'Intergroupe SOS Démocratie, dont il est président. Georges Berthu (Rassemblement pour la France) est d'accord avec M. Verhofstadt sur la nécessité de réconcilier l'Europe et ses peuples, mais pas sur le choix d'un "fédéralisme avancé" qui, selon lui, produit des résultats opposés. Frank Vanhecke, du Vlaams Blok, après avoir affirmé que le Traité Nice "n'existe plus", a exprimé dans des termes injurieux son hostilité vis-à-vis de la nouvelle présidence de l'Union: ces remarques formulées de façon inacceptable et inspirées par des considérations de politique intérieure sont totalement déplacées ici, s'est écrié le président du groupe du PPE/DE, M. Pöttering.
La commission des affaires constitutionnelles se reconnaît dans la déclaration de la Présidence belge, lorsqu'elle affirme qu'il ne suffit pas d'offrir aux citoyens des solutions concrètes pour des problèmes concrets, mais qu'il faut reconnaître leur exigence de participer à la formation des orientations pour les décisions que doit prendre l'Union. C'est ce qu'a dit le président de cette commission, Giorgio Napolitano (DS, italien). En ce qui concerne la Convention, les disputes sur le nom ne sont pas innocentes, a estimé M. Napolitano: ceux qui plaident pour un „forum" songent à quelque chose de différent de ce qu'a dit M. Verhofstadt. Personne ne l'a relevé, mais M. Verhofstadt propose quelque chose de révolutionnaire, qui est bel et bien de „sauver la Commission", a déclaré Olivier Dupuis, radical belge élu en Italie. La lucidité de la Présidence belge a été saluée par le libéral belge Daniel Ducarme, qui invite à la clarté en ce qui concerne l'avenir de l'Europe: les Européens doivent savoir qui veut une Constitution et qui ne la veut pas. Dans une déclaration, Monica Frassoni, élue Verte italienne sur les listes belges, a affirmé que la Constitution européenne ne doit pas être seulement une simplification des traités existants, mais une véritable révision des objectifs, des instruments et des droits des citoyens au sein de l'Union.
En clôturant le débat, M. Verhofstadt a précisé: - Convention. Oui, les gouvernements devraient y être représentés à un niveau élevé; - Constitution européenne: c'est une idée „réalisable" à Laeken, alors qu'il y a quelques années, on l'aurait estimé impossible, - Traité de Nice. Il est indispensable qu'il soit ratifié: il a des faiblesses, mais ses avantages sont plus importants. En conclusion, à ceux qui estiment que son programme est trop ambitieux, M. Verhofstadt rappelle que le premier président de la Commission européenne, Walter Hallstein disait: „ Ceux qui affirment ne pas croire aux miracles ne sont pas réalistes".
Lors de sa conférence de presse, M. Verhofstadt a une nouvelle fois insisté sur la nécessité d'analyser, dans la déclaration de Laeken, les craintes de la population et a indiqué qu'il avait l'intention, pour préparer la déclaration de Laeken, d'élargir les visites habituelles dans les Etats membres avant les Sommets pour faire une sorte de «tour permanent des capitales».