Strasbourg, 05/07/2001 (Agence Europe) - Le Commissaire européen aux relations extérieures Chris Patten a présenté jeudi aux députés européens, l'ordre du jour ambitieux du Sommet du G8 (les sept pays les plus industrialisés de la planète, plus la Russie) qui se déroulera à Gênes du 20 au 22 juillet.
M. Patten a indiqué que la Commission européenne était d'accord sur les priorités de ce sommet, à savoir le développement mondial (et la lutte contre la pauvreté), l'environnement et la sécurité alimentaire, tout en insistant sur certaines questions: (1) lutte contre la pauvreté et les maladies transmissibles: il faudra apporter un soutien politique et financier au fonds mondial de la santé créé par le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan et surtout le faire coïncider avec les objectifs du programme d'action communautaire, a dit M. Patten, pour qui le G8, « qui a toujours eu un rôle d'avant-garde en matière de réduction de la dette de pays tiers doit aller plus loin ». A Gênes, Romano Prodi devrait rappeler dans ce contexte les actions entreprises au niveau de l'UE (voir plus loin), et le problème de l'accès au marché sera abordé sous l'angle de l'initiative de l'Union « Tout sauf les armes »; (2) environnement: les débats se concentreront sur le changement climatique, et le G8 devrait adopter une déclaration appelant les différentes parties à ratifier rapidement le Protocole de Kyoto (avant la réunion des pays signataires fin juillet à Bonn); (3) sécurité alimentaire: le Commissaire estime qu'une référence devrait être faite au respect du principe de précaution lié aux risques alimentaires et aux bouleversements induits par la biotechnologie.
Une session du G7 (8 moins la Russie) est également prévue et sera consacrée à: - l'économie mondiale: prix des produits pétroliers, architecture financière internationale, réformes économiques entreprises par le premier ministre japonais Junichiro Koizumi (qui participe pour la première fois à un sommet de G8) ; - la sécurité nucléaire: problème de la Russie, désaccord sur la défense antimissile américaine), aides financières à l'Ukraine en relation avec la fermeture de ses centrales nucléaires à Tchernobyl.
Au cours du débat, Giorgio Napolitano (PSE, italien) a mis en cause le « déficit de représentation » (des pays pauvres et même des Etats membres de l'UE) au G8 qui expliquerait en partie le manque de légitimité dont souffrent ces événements. Le socialiste néerlandais Margrietus van den Berg voudrait que la proposition « Tout sauf les armes » aille plus loin, tout en renforçant la lutte contre la pauvreté. Marco Cappato (Lista Bonino) a estimé que l'élimination des barrières douanières à l'égard des PVD devait être poussée au maximum et que la mondialisation du commerce devait s'accompagner d'une « mondialisation des droits » (abolition de la peine de mort, interdiction des mutilations génitales…). Il a demandé aussi que le G8 fasse participer plus en avant les citoyens, au moyen notamment de débats en ligne. En guise, M. Patten a demandé aux députés d'éviter d'établir une « équivalence morale » entre les contestataires pacifiques et les gens qui viennent à ces rencontres pour manifester dans la violence.
Le 20 juillet, MM Verhofstadt et Prodi participeront à l'ouverture du sommet
Le sommet de Gênes s'ovrira le 20 juillet (et c'est une première) par une rencontre avec laquelle participeront aussi les Présidents du Conseil européen Guy Verhofstadt et de la Commission Romano Prodi, le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, les Directeurs généraux de la FAO, de l'OMS et de l'OMC et les présidents de plusieurs pays en voie de développement - Afrique du Sud, Nigeria, Mali, Algérie et Bangladesh (ces derniers représentant les pays les moins développés).
Le ministre italien des Affaires étrangères, Renato Ruggiero, s'est demandé par ailleurs devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre s'il ne serait pas opportun à l'avenir d'organiser "un G20" "Pourquoi ne pas promouvoir la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de 20 pays dont les ministres financiers se rencontrent périodiquement et qui font partie des mécanismes du Fonds Monétaire International?", s'interroge M. Ruggiero.