Strasbourg, 05/07/2001 (Agence Europe) - Intervenant mardi devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, dans le cadre de la préparation des rapports sur les progrès accomplis par les pays candidats, le Commissaire à l'élargissement, Günter Verheugen, a réaffirmé que la date de fin 2002 pour terminer les négociations, confirmée lors du Sommet de Göteborg, est réaliste si les pays candidats respectent trois conditions: 1) combler les déficits en matière de réformes de leurs systèmes administratif et judiciaire; 2) ne pas avoir de crise économique ou sociale majeure, ni d'instabilité politique; 3) arriver à des compromis sur les questions sensibles en suspens.
Citant le cas de quelques pays, il a donné notamment les indications suivantes:
Slovaquie: au chapitre de la stabilité politique, « nous sommes inquiets après les résultats de sondages qui montrent que le SDZ et Meciar jouent de nouveau un rôle de premier plan », a déclaré le Commissaire.
Pologne: il ne faut pas considérer la liste des chapitres de négociation clos comme un «classement de ligue de football», a ironisé le Commissaire. Par exemple, a-t-il poursuivi, en ce qui concerne le droit des sociétés, «la Pologne n'a pas la même position politique que nous à propos des brevets pharmaceutiques, mais pour ce qui est de la mise en oeuvre de l'acquis communautaire, elle est aussi avancée que les autres». En outre, a-t-il ajouté, sur le plan des critères politiques, la Pologne mène la course.
Roumanie: elle «nous a beaucoup déçus » dans le passé. La nouvelle équipe dirigeante semble davantage engagée dans le processus de réforme, mais «seuls les actes m'intéressent», a précisé Günter Verheugen, en insistant sur le sort des enfants dans les asiles (sur lequel le rapporteur du PE Mme Nicholson met l'accent).
Chypre: «Je suis certain de pouvoir achever le travail l'année prochaine », a affirmé le Commissaire en espérant que le processus d'adhésion et la solution au problème politique de l'île avancent en parallèle.
Quant aux retards dans la mise en oeuvre des aides dans le cadre du programme SAPARD (voir EUROPE du 4 juillet, p. 5), le Commissaire a souligné que seuls 4 des 10 pays concernés ont accrédité l'agence chargée du suivi du programme. « J'espère qu'il y aura un déblocage avant la fin de l'année et qu'ainsi les moyens alloués pour chaque pays ne seront pas perdus », a-t-il dit avant de confirmer qu'il n'est pas question de sortir des limites budgétaires fixées par les perspectives financières 2000/2006, y compris pour financer des aides aux pays frontaliers demandées par l'Autriche ou l'Allemagne (des pays qui, a-t-il rappelé, ont voulu un cadre financier strict dans le contexte de l'Agenda 2000).