Bruxelles, 04/07/2001 (Agence Europe) - Après la rencontre, lundi à Londres, entre Tony Blair et son homologue japonais Junichiro Koizumi, les nouvelles selon lesquelles le Japon envisagerait d'amender le Protocole de Kyoto sur les changements climatiques pour rallier les Américains à une offre plus acceptable se multiplient. La réticence confirmée du Japon à ratifier le Protocole sans les Américains et son espoir de les amadouer par la négociation à Bonn (COP 6 bis, 16-27 juillet) d'un traité moins contraignant rendra d'autant plus difficile la tâche de la mission de l'Union dépêchée en Australie et au Japon pour sauver le Protocole de Kyoto (voir EUROPE des 2&3 juillet, p.10). La porte-parole de Margot Wallström, Commissaire à l'environnement, a dit à la presse: «l'Union se rend au Japon pour tirer au clair les préoccupations japonaises et voir comment les soulager pour obtenir un accord à Bonn. Il faut que le Japon reste à bord pour Bonn. Que ce pays se retire du processus n'est pas envisageable ». Répétant que «la porte reste ouverte aux Américains » (la mise en place d'un groupe de travail de haut niveau UE/Etats-Unis sur le climat, dont le mandat sera défini dans les prochains jours, en témoigne ), elle a ajouté: « mais les Etats-Unis ne veulent pas d'objectifs contraignants. Nous avons des doutes quant à un changement de leur position».
Pour Olivier Deleuze, qui présidera la délégation de l'Union à Bonn, puis à Marrakech (pour la COP 7), il conviendra de: a) maintenir l'unanimité de l'Union afin de préserver sa force ; b) soutenir la présidence de la conférence des parties à la Convention cadre de l'ONU sur les changements climatiques afin d'atteindre à la COP 6 à Bonn un accord global qui rendra possible la ratification et l'entrée en vigueur rapides du Protocole de Kyoto ; c) poursuivre le dialogue avec toutes les parties afin de garantir la participation la plus large possible dans la mise en œuvre du Protocole de Kyoto ; d) examiner, dans un esprit constructif, toute proposition des parties qui pourrait contribuer à atteindre ces objectifs et serait conforme à l'ordre du jour et au calendrier de la COP 6 bis et de la COP 7 ; e) éviter les controverses inutiles et la polarisation des points de vue entre l'UE et les autres pays membres de l'OCDE, et préserver la possibilité pour tous ces pays de continuer à participer au processus de Kyoto et de rejoindre le Protocole à tout moment.