Bruxelles, 28/05/2001 (Agence Europe) - La confirmation par la Confédération européenne des syndicats (CES) de sa décision de ne pas poursuivre les négociations sur le travail intérimaire (voir EUROPE du 22 mai, p. 16) a suscité un sentiment de grande déception dans le monde patronal européen, qui regrette qu'après trois négociations fructueuses (sur le congé parental, le travail à temps partiel et le travail à durée déterminée), "il n'ait pas été possible de conclure un quatrième accord" sur le travail intérimaire. Le patronat précise toutefois que ceci ne mettra pas en cause son engagement dans le dialogue social européen.
"L'inflexibilité de la CES semble indiquer que les syndicats considèrent que le travail intérimaire constitue une menace. Or, cette forme de travail répond aux besoins des entreprises comme des salariés. L'intérim représente actuellement 1,5% de l'emploi en Europe", commente Georges Jacobs, Président de l'Unice. M. Jacobs rappelle dans un communiqué que les employeurs ont "offert une protection juridique des travailleurs intérimaires contre la discrimination" et confirme que le désaccord avec les syndicats porte effectivement sur "la manière de définir le travailleur comparable". La comparaison peut être faite soit avec un travailleur de l'entreprise utilisatrice, soit avec un travailleur de la même agence d'intérim, constate-t-il, en estimant que "l'insistance de la CES pour que le travailleur comparable de l'entreprise utilisatrice soit le premier point de référence n'est pas justifiée".
Par ailleurs, l'UEAPME (artisanat et PME, partenaire de l'Unice dans le dialogue social) s'est aussi déclarée en désaccord avec la définition du travailleur comparable formulée par les syndicats. Dans un communiqué, le Secrétaire général de l'UEAPME, Hans-Werner Müller a précisé qu'"un accord européen ne peut être qu'un accord cadre en raison de la diversité des situations issues", et que "ceci est d'autant plus justifié dans le cas du travail intérimaire", " en raison de la nature triangulaire de la relation entre l'agence de travail intérimaire, le travailleur et l'entreprise utilisatrice dans laquelle le travailleur est assigné pour une tâche spécifique".