Strasbourg, 17/05/2001 (Agence Europe) - En adoptant par 253 voix, contre 138 et 55 abstentions, une résolution commune des groupes PPE-DE, PSE, ELDR, Verts/ALE ET GUE/NGL sur la situation au Moyen-Orient, le Parlement européen a invité toutes les parties concernées à mettre un terme à la violence. Il condamne les « incursions illégales de l'armée israélienne » à Gaza et en Cisjordanie et l'extension des colonies dans les territoires occupés, et demande à l'Autorité palestinienne de tout mettre en oeuvre pour combattre le terrorisme et « contrôler les éléments extrémistes ». Le Parlement, qui exprime son appui au rapport de la Commission Mitchell et à l'initiative de paix jordano-égyptienne, invite aussi tous les pays du Moyen-Orient à coopérer effectivement contre les réseaux terroristes (pour le débat, voir EUROPE d'hier, p.3).
Concrètement, la résolution demande:
au Conseil européen de Göteborg d'adopter une « stratégie commune » de l'UE sur le Moyen-Orient, sur la base des propositions de M. Solana, en coopération avec M. Moratinos ;
au Conseil et à la Commission, d'évaluer les violations que constitue l'usage disproportionné de la force par l'armée israélienne (qui, dit la résolution, n'est pas conforme aux principes de l'accord d'association UE/Israël) et d'"en tirer les conclusions nécessaires" (254 pour, 149 contre et 55 abstentions);
à la Commission et aux Etats membres de prendre des « mesures décisives » pour remédier à toute violation par Israël des règles d'origine prévues par l'accord commercial UE/Israël, pour « éviter toute complicité indirecte dans l'activité d'implantations illégales »;
aux Etats membres, de proposer au Conseil de sécurité de l'ONU l'envoi d'une mission d'observation dans les territoires palestiniens.
La co-présidente israélienne de la délégation interparlementaire PE/Knesset déplore certains points
de la résolution du Parlement européen
Les co-présidents de la délégation interparlementaire pour les relations avec Israël, M. Galeote Quecedo (Partito popular, espagnol) et Mme Dayan (parti travailliste), ont affirmé, dans une conférence de presse à Strasbourg, leur appui aux propositions de la Commission Mitchell (le premier exemple d'effort commun de l'Union et des Etats-Unis pour la relance du processus de paix au Moyen-Orient, a constaté M. Galeote). Il y a six mois, nous avons « presque touché la paix », a dit Mme Dayan: elle est maintenant plus éloignée mais elle reste la seule solution possible. Pour l'obtenir, chacune des parties doit accepter des compromis, et l'Union peut contribuer à cet effort, mais pas dans les termes de la résolution du Parlement européen. Le PE n'est pas un tribunal international, il ne doit pas nous attribuer toute la responsabilité de l'échec du processus de paix, a dit Mme Dayan, en précisant qu'elle « parle » avec Yasser Arafat et les Palestiniens. Nous reconnaissons que la situation des Palestiniens est intolérable, a dit la parlementaire israélienne, mais nous demandons qu'ils mettent fin à des actes de terrorisme qui empêchent le retour à la table de négociation.