login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 7967
AU-DELÀ DE L'INFORMATION /

En marge des élections en Italie: l'unité européenne, garantie contre les risques de dérives politiques dans les Etats membres

Ce que le "cas autrichien" a prouvé. Chacun a réagi aux résultats des élections italiennes selon ses convictions, ses préférences et ses sympathies. Mais ceux qui ont exprimé des craintes ou des préoccupations face au risque d'une dérive de l'Italie vers des comportements incompatibles avec les principes fondamentaux de la construction européenne négligent, à mon avis, un élément essentiel: la garantie que constitue l'existence en elle-même de l'UE contre les risques de ce genre. Le cas autrichien est parfois cité comme un précédent. Mais, justement, ce cas a prouvé:

- l'attention sourcilleuse avec laquelle les événements d'un Etat membre sont suivis dans tous les autres. Non seulement les programmes gouvernementaux, mais toute déclaration, prise de position, voire interview, est passée au crible, commentée et éventuellement critiquée. C'est ça, une Communauté;

- l'importance que le pays, objet de telles attentions, attribue, dans les faits, au jugement européen. Ce n'est pas aujourd'hui que des Colonels pourraient prendre le pouvoir dans un pays européen membre de l'UE. A l'époque des soupçons à l'égard de la situation autrichienne (même s'ils étaient jugés injustifiés à Vienne), le gouvernement et le président de la République avaient signé un texte réaffirmant leur fidélité à tous les principes qui sont à la base des Traités européens, un engagement solennel qui n'aurait pas existé sans l'UE. Si quelques excès ou dérapages ont été constatés ensuite, ils n'étaient pas le fait de Vienne mais plutôt d'autres capitales;

- une "procédure préventive" a été introduite par le Traité de Nice, qui permet au Conseil de constater (après avis conforme, contraignant, du Parlement européen) l'existence éventuelle d'un "risque clair de violation grave" des droits fondamentaux par un Etat membre, et de lui adresser les recommandations appropriées. Tous les Etats membres sont susceptibles d'être soumis à cette procédure; aucun ne voudra se mettre dans la situation de l'être. Un mouvement politique italien avait été épinglé par les observateurs et commentateurs internationaux pour des propos xénophobes: celui de M.Bossi. Il a été sanctionné par les électeurs, qui lui ont accordé moins de 4% des voix. On a connu pire ailleurs.

"Continuité" de la politique européenne de l'Italie? Les dispositions du Traité (même si celui de Nice n'est pas encore en vigueur) et surtout la conscience de faire partie d'une communauté agissent d'ailleurs déjà avant les élections. Ce n'est un secret pour personne que Silvio Berlusconi avait offert une place dans son futur gouvernement à Mario Monti, Commissaire européen, et à Renato Ruggiero, dont la carrière s'est déroulée essentiellement dans les institutions communautaires ou internationales. Par ces offres, le futur premier ministre italien visait de toute évidence un double objectif: rassurer l'Europe et freiner au départ toute velléité éventuelle de dérapage de l'une ou l'autre composante de son équipe. L'échec de ses démarches ne modifiera pas ces deux objectifs, qui seront poursuivis par d'autres moyens, et indiquent que M.Berlusconi ne commettra plus certaines erreurs qui avaient entaché sa première expérience de chef de gouvernement. Il s'est déjà déclaré conscient des obligations de l'Italie au titre du "pacte de croissance et de stabilité", tant à propos de l'équilibre budgétaire que de la réforme des pensions. Quant au débat sur l'avenir de l'Union, il est évidemment impossible d'anticiper la position du nouveau gouvernement. En demandant les suffrages des électeurs, M.Berlusconi s'était limité à parler d'une "continuité" de la politique européenne du pays. Il n'a pas eu besoin d'en dire davantage, car une fois de plus dans les élections politiques d'un Etat membre, le thème européen n'avait pas été retenu parmi les sujets "porteurs" de voix et de consensus.

Les questions qui ne relèvent pas de l'Europe. Ces propos globalement apaisants ne concernent évidemment que les relations du nouveau gouvernement italien avec l'Union européenne; ils n'effleurent même pas les affaires nationales dans lesquelles les Etats demeurent souverains, ni les questions qui avaient été soulevées par la presse internationale concernant les anomalies, ou les "conflits d'intérêts", ou encore les ennuis judiciaires de Silvio Berlusconi, toutes questions purement internes ou relevant de la justice. Il revient à l'intéressé et au parlement national de les régler.

A ceux qui n'aiment ni le personnage Berlusconi, ni sa politique, ni ses alliés, on ne peut que rappeler une évidence: la démocratie ne signifie pas que le pouvoir revient à ceux que l'on soutient, mais à ceux que la majorité a choisis. Un point, c'est tout. Il est normal que les mécontents se battent pour que les choses changent. En attendant, les résultats doivent être acceptés avec sérénité, aussi et surtout par ceux qui ne les aiment pas. (F.R.)

 

Session plénière du Parlement européen

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE