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Bulletin Quotidien Europe N° 7965
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/italie

Le groupe du PPE/DE salue la victoire de Forza Italia - Inquiétude des groupes politiques de gauche

Strasbourg, 15/05/2001 (Agence Europe) - Après la victoire de Forza Italia aux élections de dimanche dernier, nous n'avons "aucun doute que l'Italie poursuivra sa bonne tradition" en matière de politique européenne, a affirmé, lors d'une conférence de presse à Strasbourg, mardi, Hans-Gert Pöttering, président allemand du groupe du PPE/DE. L'élu européen de la CDU, qui a rappelé que Forza Italia est membre du Parti Populaire Européen (et pas seulement du groupe du PPE au Parlement européen), a noté que ceci offrira de fréquentes occasions de rencontre avec les membres du nouveau gouvernement italien. Des pro-européens bien connus comme Pier Ferdinando Casini (qui pourrait devenir ministre des Affaires étrangères: NDR) et Rocco Buttiglione feront partie de ce gouvernement, a remarqué M. Pöttering, en espérant que ce changement de majorité en Italie marquera le début d'un rééquilibrage au sein du Conseil de l'UE, où dominent actuellement les gouvernements dirigés par des socialistes ou sociaux-démocrates. Le choix du ministre des Affaires étrangères aura « une importance tout à fait décisive », et je m'attends à ce qu'il s'agisse d'un « européen convaincu », a noté M. Pöttering, en répondant à une question. Un allié comme Umberto Bossi serait-il dangereux ? A cette question, M. Pöttering s'est borné à répliquer que toute déclaration raciste et xénophobe doit être condamnée, d'où qu'elle vienne. A un journaliste qui l'interrogeait sur le « conflit d'intérêts » que constitue le contrôle d'importants médias par un Premier ministre, M.Pöttering, qui venait de souligner l'importance de la liberté de la presse en Russie, a dit que le pluralisme dans les médias est une « valeur fondamentale » valable partout, et qu'il s'attendait à ce que ce problème de Silvio Berlusconi soit réglé de manière à assurer ce pluralisme.

Les groupes de gauche, au contraire, ont exprimé leur préoccupation pour le retour au pouvoir de Silvio Berlusconi et pour les alliances que Forza Italia nouera pour gouverner. Sa victoire électorale ne signifie pas que Silvio Berlusconi est « au dessus de tout soupçon », étant donné les procès à son égard qui sont encore « pendants », a dit mardi à la presse, à Strasbourg, Heidi Hautala, coprésidente finlandaise du groupe des Verts/ALE, qui a aussi dénoncé la domination de M.Berlusconi dans les médias, juste au moment où, a-t-elle dit, on essaye d'atténuer la concentration dans les médias, « dans l'intérêt de la démocratie ». Il faudra « surveiller attentivement » les développements de la situation en Italie, a-t-elle affirmé. C'est ce qu'a déclaré aussi devant la presse Francis Wurtz, président français du groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, qui a annoncé la plus grande « vigilance » face à chaque décision que prendra le nouveau gouvernement italien, tout en assurant que « nous ne donnons pas de leçons aux électeurs italiens ». Pour M.Wurtz, l'arrivée au pouvoir « d'un homme sur lequel pèsent des accusations si graves », et qui a des alliés « xénophobes et post-fascistes » est « un drame politique » pour la démocratie européenne. Quant à Luisa Morgantini, parlementaire italienne de la GUE, elle a estimé que l'opposition doit maintenant mener en Italie une sérieuse « bataille politique et culturelle » face à la domination de l'argent, et a reproché au leader de Forza Italia d'avoir adopté « un style Saddam Hussein » (il y avait en Italie plus d'affiches à l'effigie de Berlusconi qu'il y en a en Irak pour Saddam, a-t-elle commenté).

M. Baron souligne que l'Italie présidera le Conseil de l'UE à un moment crucial
pour l'avenir de l'Europe- Une enquête des services de concurrence de la Commission ?

Nous devons juger le nouveau gouvernement italien sur la base des faits, car il est difficile de le faire à partir d'un programme « si vague », a dit à la presse Enrique Baron Crespo, président espagnol du groupe socialiste, tout en notant que certaines annonces concernant la future politique fiscale « nous préoccupent », car elles font craindre pour le respect du Pacte de stabilité (alors que « grâce au gouvernement Prodi et à l'Ulivo », l'Italie a pu entrer dans la zone euro, a-t-il noté). M.Baron a aussi rappelé que l'Italie présidera le Conseil de l'UE à « un moment décisif du débat sur le futur de l'Europe » (le deuxième semestre de 2003, moment auquel le rapport Mendez de Vigo-Seguro demande que soit convoquée la prochaine CIG sur la réforme institutionnelle: NDR), et qu'il est donc très important de savoir « quelle est la vision européenne » du nouveau gouvernement. Quant au « conflit d'intérêts », M.Baron a estimé que « ce serait peut-être intéressant que la Commission considère les questions qui peuvent affecter la concurrence sur le plan européen ».

Pat Cox, président du groupe libéral où siégeaient jusqu'ici deux chefs de liste aux élections en Italie, Francesco Rutelli et Antonio Di Pietro, a regretté que la formation de ce dernier n'ait pas atteint la barre des 4%, alors qu'il a salué les résultats de M.Rutelli qui, a-t-il dit, a démontré sa « considérable crédibilité » comme leader de l'opposition et de « La Margherita ». M.Cox a constaté que Silvio Berlusconi devrait être personnellement félicité pour son succès, qui reflète clairement « la volonté démocratique de l'électorat » italien. En outre, il a salué le fait que M.Berlusconi ait reconnu la nécessité de régler la question du potentiel « conflit d'intérêts » découlant de sa place dans le monde des médias.

 

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