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Bulletin Quotidien Europe N° 7963
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/genetique

La commission temporaire sur la génétique poursuit sa quête d'informations pour mieux comprendre tous les enjeux de ce dossier très complexe

Bruxelles, 11/05/2001 (Agence Europe) - La commission temporaire du Parlement européen sur la génétique humaine et les autres technologies nouvelles de la médecine moderne a multiplié depuis le début de l'année les auditions d'experts pour permettre aux députés de mieux comprendre tous les aspects d'un dossier extrêmement complexe. Comme le faisait remarquer son président, le socialiste luxembourgeois Robert Goebbels, la forte participation des députés témoigne à la fois du caractère passionnant du sujet et du besoin réel d'en savoir plus pour bien percevoir l'ensemble des enjeux éthiques, scientifiques, économiques et de santé publique de ces nouvelles technologies. Pas à pas, la commission temporaire tente de distinguer où se trouve le fragile point d'équilibre entre les promesses de la thérapie génique, la faisabilité, les attentes des patients, les risques, le respect de la dignité humaine et d'autres principes éthiques.

La commission temporaire, qui a déjà entendu la présidente du Groupe européen d'éthique, Noëlle Lenoir, des représentants des associations de patients, des experts du séquençage du génome humain, des spécialistes des tests génétiques (post-nataux et pré-nataux ou pré-implantatoires) et de la reproduction assistée ainsi que des scientifiques impliqués dans la recherche sur le clonage thérapeutique, les cellules souches, etc., va consacrer une nouvelle audition, le 15 mai à Strasbourg, à l'utilisation de l'information génétique et à la protection des données personnelles. La suivante, qui se tiendra à Bruxelles le 31 mai, abordera la délicate question de la brevetabilité. Les 18 et 19 juin, une rencontre est prévue à Bruxelles avec les représentants des commissions parlementaires des Etats membres de l'UE et des pays candidats qui travaillent sur ce thème: le point central des discussions devrait être la recherche sur les embryons. Enfin, les 9 et 10 juillet, la commission temporaire organisera à Bruxelles des "assises" qui permettront d'entendre les avis de représentants des groupes d'intérêts et de la société civile.

Elle a aussi ouvert un site Internet à l'adresse suivante: http://www.europarl.eu.int/genetics.

Lors de sa dernière audition, la commission a surtout évoqué avec les experts les problématiques du clonage et de la thérapie cellulaire. La généticienne britannique Anne McLaren (CRC Institute, Cambridge) a insisté sur la simplification exagérée faite par la presse, qui a baptisé à tort de "clonage" ce qui n'est en fait qu'un transfert d'un nucléotide dans une cellule aux fins de production de cellules ou de tissus utilisables à des fins thérapeutiques. Elle a expliqué que le parlement britannique s'est contenté d'autoriser une extension, dans des limites bien précises, des possibilités de recherche pour la thérapie génique et n'a jamais autorisé le clonage comme certains l'ont écrit. Soulignant qu'il sera plus difficile d'obtenir des résultats avec des cellules adultes en raison du problème de division cellulaire, elle a estimé qu'il faut poursuivre des recherches sur les cellules embryonnaires provenant, comme c'est le cas au Royaume-Uni, d'embryons de moins de 14 jours. Selon elle, les deux lignes de recherche doivent être poursuivies en parallèle parce qu'elles offriront des thérapies qui pourront être efficaces pour le traitement de pathologies différentes.

Un avis que ne partage pas le docteur Jacques Testart (INSERM, France) qui parle d'un "échec persistant de la thérapie génique" et estime que l'on devrait se concentrer principalement sur les résultats en matière de diagnostic, domaine où la génétique a fait ses preuves. Cela ne signifie pas qu'il faille pour autant s'interdire toute recherche en matière de thérapie génique, mais "il faut des règles pour autoriser le clonage thérapeutique et interdire définitivement le clonage reproductif", a-t-il dit en affirmant que "le chercheur ne peut pas être libre; il n'est pas un artiste sans incidence sociale". A l'exception de certaines anomalies chromosomiques (trisomie 21, par exemple), il estime que la priorité devrait être accordée à la recherche sur les cellules adultes. Quant à la recherche sur l'embryon, il s'est demandé ce que signifie le concept anglo-saxon de "pré-embryon" qui est utilisé pour justifier la recherche sur des embryons de moins de 14 jours. Il a aussi critiqué la distinction subjective qui est faite par certains entre l'être et la personne humaine. M. Testart s'est aussi dit très inquiet face aux dérives possibles du diagnostic pré-implantatoire (il a notamment évoqué un article publié par une équipe de chercheurs américains qui se réjouissent de la prochaine possibilité de déterminer tous les traits génétiques: stature, calvitie, obésité, couleur des cheveux, de la peau, et même le quotient intellectuel) et s'est clairement prononcé pour la limitation du diagnostic pré-implantatoire à la détection d'une anomalie génétique majeure. Et de conclure qu'il ne suffit pas de définir l'embryon. En définitive, un choix éthique devra être fait par les institutions politiques.

Le professeur Carlos Bedate (Centre de biologie moléculaire de l'Université autonome de Madrid) a préconisé l'orientation de la recherche vers l'identification de cellules souches déterminées dans différents tissus, mais il a souligné que l'utilisation de cellules embryonnaires demeure beaucoup plus simple que le transfert de cellules somatiques.

Le professeur Régine Kollek (Université de Hambourg) a cependant estimé qu'il faudrait promouvoir les recherches sur la rétroprogrammation de cellules adultes (utilisation de facteurs d'ovules pour la remise des cellules à l'état de pluripotence) parce que "le concept est élégant et orienté vers l'avenir", mais qu'"il est impossible de renoncer à la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Elle s'est cependant interrogée sur "le bien-fondé véritable dans notre société civilisée du développement de thérapies qui recourent à l'utilisation d'embryons et d'ovules".

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