Bruxelles/Guatemala City, 27/03/2001 (Agence Europe) - Renforcement de l'Etat de droit, lutte contre la dissémination des armes légères et le trafic de drogue et poursuite de l'intégration régionale: tels sont les piliers de la stabilité dans la région centraméricaine, selon le communiqué conjoint adopté à l'issue de la XVIIème conférence ministérielle de "San José" qui se tenait lundi à Guatemala City. L'UE a confirmé son soutien au processus d'intégration régional, soutenu à bout de bras par l'UE depuis les années 80, et a signé un mémorandum d'entente définissant les priorités dans ce domaine. Les ministres ont également évoqué l'aide au Salvador après les récents tremblements de terre, et le programme d'aide à la reconstruction de l'Amérique centrale après l'ouragan Mitch de 1998. Dans le domaine commercial, les deux parties ont convenu de créer un groupe de travail sur le futur du système de préférences généralisées. Voici les principaux points évoqués dans le communiqué conjoint:
Intégration régionale: les ministres reconnaissent le rôle du processus d'intégration "pour parvenir au développement durable" et "faire face aux défis de la mondialisation". L'UE a "appuyé la décision politique des présidents d'Amérique centrale de continuer à encourager ce processus et a réaffirmé son engagement de coopérer en priorité pour l'intégration centraméricaine", et les parties ont souligné l'importance de la formation "pour développer une culture favorable à l'intégration".
La Commission européenne et le Secrétariat du "système d'intégration centraméricain" ont signé en marge de la réunion un "mémorandum d'entente" définissant les priorités de leur coopération: 1) soutien à l'intégration économique; 2) renforcement des institutions régionales; 3) soutien de la société civile aux processus d'intégration. "Nous sommes prêts à préparer des initiatives concrètes pour soutenir les institutions régionales et le développement de politiques communes. Mais nous attendons que la région joue un rôle actif pour présenter des programmes et projets qui démontrent la volonté d'intégration de la région", a prévenu le Commissaire Chris Patten. Il s'est toutefois félicité de la démarche des Centraméricains, qui ont présenté des projets régionaux de développement lors de la réunion du "groupe consultatif" pour l'Amérique centrale, les 8 et 9 mars à Madrid.
Les pays centraméricains ont appelé les Etats membres de l'UE à s'associer à la Banque centraméricaine d'intégration économique (BCIE), organisme financier du processus d'intégration, et la Banque européenne d'investissement (BEI) à renforcer ses relations avec la BCIE.
Etat de droit: les ministres soulignent "l'évolution globalement positive" et "le renforcement de l'État de droit dans les pays de l'Isthme centraméricain, et la nécessité de persévérer dans cette voie". Ils insistent sur le renforcement des institutions démocratiques, de l'indépendance du pouvoir judiciaire, et des organes de contrôle et des commissions électorales. En outre, l'UE continuera à soutenir les institutions démocratiques dans la région "au moyen de programmes d'assistance".
Sécurité dans la région: les ministres sont "convenus d'accorder une haute priorité à la lutte contre la circulation et le trafic d'armes légères et aux mesures visant à en contrôler la fourniture et la diffusion". Ils s'engagent à collaborer au succès de la Conférence internationale sur les armes légères (New York, du 9 au 20 juillet). L'UE a appuyé les "initiatives concrètes visant à rassembler et à détruire les armes légères détenues par des civils, afin de contribuer à instaurer une culture de la paix en Amérique centrale".
En outre, "les ministres sont satisfaits des résultats obtenus par l'Amérique centrale dans l'élimination des mines antipersonnel et appellent à la communauté internationale à continuer d'appuyer le processus de déminage "jusqu'à ce que l'on puisse proclamer la région centraméricaine zone exempte de mines antipersonnel". Les deux parties conviennent de poursuivre les efforts humanitaires pour la réadaptation des victimes des mines.
Lutte contre la drogue: les deux parties ont réitéré le principe de "coresponsabilité" des pays producteurs et consommateurs de drogue défini en 1997, et convenu de définir une stratégie sous-régionale dans le cadre des priorités du "plan d'action global de Panama", adopté dans le cadre du mécanisme de coordination et de coopération en matière de drogues entre l'UE, l'Amérique latine et les Caraïbes. La 3ème réunion de ce mécanisme se tiendra en juin en Bolivie.
Relations commerciales: les pays centraméricains ont appelé l'UE à préciser ses intentions sur la suite à donner au système de préférences généralisées qui expire en 2004 et doit être révisé dans le courant de l'année, et ont souhaité que "le système soit prorogé pour une durée la plus longue possible et maintienne les conditions préférentielles actuelles". M. Patten a remarqué dans son intervention que les tarifs préférentiels accordés aux pays andins et centraméricains dans le cadre du SPG est jugé déloyal par les autres partenaires commerciaux latino-américains de l'UE, notamment le Brésil (voir EUROPE du 23 mars p. 16). L'objectif de l'UE est toutefois d'assurer un système stable et prévisible, a-t-il précisé. Les deux parties ont décidé de mettre en place un groupe de travail technique mixte, composé de fonctionnaires de la Commission et de fonctionnaires centraméricains, et qui devra soumettre des conclusions en vue de la Conférence ministérielle de San José XVIII.