Bruxelles, 08/03/2001 (Agence Europe) - Le Conseil Environnement, réuni ce lundi a Bruxelles sous la présidence du ministre suédois Kjell Larsson, a adopté très rapidement des conclusions unanimes sur les changements climatiques qui, au regard des conclusions alarmantes les plus récentes du panel intergouvernemental sur les changements climatiques (troisième rapport d'évaluation de l'IPPC qui revoit à la hausse l'augmentation prévisible de la température de la planète: entre 1.5° C et 5.8° C en 2100 au lieu de 1° C à 3.5° comme il l'avait annoncé en 1995) soulignent l'urgence d'agir et l'importance de conclure les négociations internationales en juillet prochain lors de la conférence de Bonn, où reprendra la sixième conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies (COP 6), suspendue à La Haye en novembre dernier à l'issue d'un échec retentissant.
Dans ces conclusions, le Conseil rappelle la position de l'Union, attachée en particulier à l'intégrité du Protocole de Kyoto, à un régime crédible de contrôle du respect des engagements souscrits par les pays industrialisés, au soutien à apporter aux pays en développement et à l'importance des mesures domestiques pour combattre efficacement les changements climatiques. Il réitère la détermination de l'Union à poursuivre les négociations et son engagement à procéder à la ratification du Protocole de Kyoto avant le Sommet mondial sur le développement durable « Rio + 10 » qui aura lieu l'été 2002 à Johannesburg. A cette fin, il s'engage à oeuvrer au succès de la COP6 afin de créer les conditions de la ratification et de l'entrée en vigueur du Protocole en 2002, réaffirme sa disponibilité à poursuivre un dialogue ouvert avec les autres parties et groupes régionaux d'ici à la COP 6, et invite la Commission à présenter à temps le document requis pour la ratification du Protocole par la Communauté, ainsi qu' à lui faire rapport à ce sujet en juin prochain.
A toutes les parties, le Conseil lance un appel pour qu'elles s'engagent dans les négociations sur les modalités de mise en œuvre du Protocole de Kyoto dans un esprit constructif et formulent leur position de négociation dans les plus bref délais.
Le Conseil rappelle aussi que la première période d'engagement du Protocole de Kyoto ne constitue qu'une première étape qui devra être suivie d'autres initiatives pour les périodes au-delà de 2012, faute de quoi les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ne pourront être stabilisées au niveau requis pour prévenir des interférences dangereuses avec le système climatique.
Dans la soirée, les ministres devaient revenir sur le sujet en se livrant à une discussion stratégique en vue de préparer la reprise de la COP 6 (16-27 juillet). Le président Kjell Larsson a précisé à la presse que l'Union ignorait la position de négociation des Etats-Unis, « qui est à l'étude ». Au nom de la Commission européenne, Margot Wallström a ajouté que les Américains s'étaient contentés de déclarations très générales à Trieste lors de la réunion informelle du G8. «Nous n'avons même pas le nom de la personne avec laquelle nous négocierons », a-t-elle déclaré (voir à ce sujet EUROPE des 5/6 mars, p.7).
Toutefois, l'assurance ayant été donnée que « les Américains sont disposés à discuter dans le cadre du Protocole de Kyoto » et « ne maintiendront pas une position identique à celle de La Haye », c'est dans cette perspective que les ministres délibéreront de la stratégie de négociation à adopter, a précisé le Président Larsson, confiant qu'un accord pourra être trouvé à Bonn.