Bruxelles, 06/02/2001 (Agence Europe) - La vice-première ministre d'Irlande, Mary Harney, a contesté les critiques de la Commission sur la politique budgétaire menée par son pays. Le mois dernier, la Commission, en examinant les pactes de stabilité actualisés de plusieurs Etats membres, avait proposé au Conseil d'adopter une recommandation invitant l'Irlande à mettre fin aux incohérences entre les aspects expansionnistes de sa planification budgétaire et les Grandes orientations politiques et économiques de l'Union européenne (voir EUROPE du 25 janvier, p.7). Le Commissaire Pedro Solbes avait en effet estimé que, face aux risques de surchauffe de son économie, Dublin devrait suivre une politique budgétaire plus stricte. Mary Harney a répliqué, dans une lettre ouverte publiée par le Financial Times, que "la stratégie économique irlandaise est pleinement intégrée avec les projets de l'Union économique et monétaire et du marché unique. Nos politiques s'accordent avec les Grandes orientations économiques et politiques publiées par la Commission pour l'année 2000". Par ailleurs, Mme Harney affirme que l'Europe doit se concentrer sur ces réformes micro-économiques et sur la libéralisation des marchés, et souligne que l'inflation en Irlande est passée de 5,6 % en 2000 à 4,6% actuellement et que son gouvernement est conforté par l'excédent budgétaire de 4 % du PNB prévu pour 2003. Selon elle, la diminution de la pression fiscale et l'augmentation des dépenses auront un impact minime, en ajoutant "seulement 0,13% à l'inflation après trois ans", ce qui aurait un "effet pratiquement nul sur l'inflation dans la zone euro".
Le Conseil Ecofin du 12 février devra décider si adresser ou non des recommandations à l'Irlande. Rappelons que c'est la première fois que la Commission utilise l'instrument de la recommandation en se prononçant sur le programme de stabilité d'un pays.