Bruxelles, 11/01/2001 (Agence Europe) - Mardi prochain, le Parlement européen discutera le rapport du conservateur britannique Christopher Heaton-Harris sur le rapport de la Cour des comptes concernant « l'efficience de la gestion » de l'Institut Monétaire Européen et, pendant l'exercice 1998, de la Banque centrale européenne. Le rapport de la Cour signale en particulier des faiblesses de gestion en ce qui concerne la prime exceptionnelle accordée au personnel, le suivi de l'exécution budgétaire et le suivi des projets. M. Heaton-Harris, qui critique la longueur de la procédure contradictoire qui fait que le rapport sur l'exercice 1998 a été publié seulement en mai 2000, regrette que la BCE, « pourtant engagée dans une politique de stabilité des prix » en Europe (ainsi que l'IME), ait versé à certains de ses salariés une prime exceptionnelle allant jusqu'à 38% de leur salaire annuel. Le Conseil de l'IME avait fixé à 1,9 million de DM l'enveloppe distribuable au titre de la prime exceptionnelle, mais le montant total effectivement distribué a atteint 2,8 millions de DM, constate le rapporteur. Et, tout en notant que l'octroi de primes de ce genre est une pratique courante dans le secteur bancaire, et que la prime exceptionnelle, selon les réponses données par la BCE à la Cour, a été surtout un « témoignage de reconnaissance » pour le personnel, il demande que les primes des cinq prochaines années soient conformes à l'objectif poursuivi en matière d'inflation, afin de donner un exemple de modération salariale.
Par ailleurs, M.Heaton-Harris salue l'engagement pris publiquement par la BCE, dans son rapport annuel 1999, d'établir une relation de coopération avec l'Olaf, mais souligne la contradiction entre cet engagement et la décision de la BCE de ne pas autoriser l'Organe de lutte contre la fraude à mener des enquêtes internes chez elle (ce qui a d'ailleurs provoqué l'ouverture par la Commission d'une procédure auprès de la Cour de Justice pour non-application du règlement sur l'Olaf).