Bruxelles, 10/01/2001 (Agence Europe) - Les ministres des Finances des pays de l'Union et de leurs partenaires asiatiques au sein de l'Asem (Asia-Europe Meeting) se réunissent samedi 13 et dimanche 14 janvier à Kobé, au Japon. L'ordre du jour de cette troisième rencontre depuis le lancement du Forum euro-asiatique en 1996 est particulièrement chargé avec, au menu des discussions, la situation économique en Europe et en Asie, les régimes de taux de change (en particulier sur les marchés des économies émergentes), la coopération régionale dans chaque zone et le renforcement du système financier international.
Les résultats de la coopération entre les 15 et leurs partenaires asiatiques au sein de l'Asem - Chine, Japon, Corée du Sud plus les pays de l'Asean sauf la Birmanie, le Cambodge et le Laos (Brunei, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) sont qualifiés d'"impressionnants" à Bruxelles. Depuis leur dernière rencontre en janvier 1999, à Francfort, les partenaires ont mis sur pied une initiative conjointe pour lutter contre le blanchiment d'argent (dont la moitié sera financée par le budget communautaire) et déployé la première phase de l'assistance technique au renforcement des systèmes financiers en Asie. Un rapport sera présenté à Kobé par la Commission européenne, en vue d'assurer que cette assistance corresponde effectivement aux besoins prioritaires, qui sont repris dans le document tels qu'identifiés par les bénéficiaires de cette assistance procurée, entre autres, à travers le fonds fiduciaire de l'Asem. Une seconde phase devrait être lancée, en suivant les modalités prometteuses de la première tranche qui s'est avérée "très utile pour soulager l'impact social de la crise asiatique et soutenir les réformes structurelles dans les secteurs des finances et des entreprises". Les partenaires s'apprêtent également à donner le coup d'envoi au projet de recherche Kobé proposé par le Japon en vue de faciliter l'échange d'expériences et de vues entre l'Asie et l'Europe à propos de la coopération monétaire, de la surveillance macro-économique et de la gestion des systèmes de taux de change.
Le commissaire européen Pedro Solbes fera ses commentaires à ce propos et, plus généralement, sur les développements économiques et financiers dans les deux régions, après l'ouverture de la session, samedi à 15h00, par le ministre japonais Kiichi Miyazawa qui la co-préside, avec son homologue suédois, Bosse Ringholm. M.Solbes devrait présenter, selon ses proches, un tableau "relativement positif" de l'évolution de l'économie de l'Union européenne, en faisant valoir que sa force "vient de l'intérieur", ce qui lui permet de mieux "absorber les chocs extérieurs (comme le choc pétrolier et le ralentissement aux Etats-Unis) que par le passé". Il devrait également faire valoir la marge d'appréciation supplémentaire dont dispose l'euro, au vu de la bonne tenue des fondamentaux communautaires, ainsi que l'effet stimulant de sa création en termes de changements structurels. M.Solbes s'apprête aussi à délivrer à Kobé un signal d'encouragement pour le renforcement de la coopération en Asie de l'Est, après la création entre autres d'un mécanisme de surveillance des indicateurs macro-économiques et financiers. "Malgré les différences importantes entre les deux régions, l'Asie peut s'inspirer des expériences faites en Europe", soulignait-on ce mercredi à Bruxelles en rappelant cependant que la monnaie unique et la Banque Centrale Européenne n'ont vu le jour qu'au terme d'un long processus de renforcement de la coopération et d'intégration économique qui s'est étendu sur plusieurs décennies. Et d'insister: "Il ne s'agit pas de dire aux responsables asiatiques "faites comme nous" mais, compte tenu de notre expérience, de souligner l'importance de certains ingrédients essentiels, outre le temps et l'engagement politique indispensables: une forte surveillance multilatérale d'un large éventail de politiques sectorielles (surtout budgétaires), une approche bien agencée de la libéralisation des mouvements de capitaux, des secteurs financiers renforcés et des arrangements coopératifs pour soutenir les régimes de taux de change convenus d'un commun accord". A cet égard, les Européens préconiseront sans doute, comme ils l'ont fait auprès des pays candidats à l'adhésion, de privilégier la cohérence entre les taux de change et d'autres facteurs macro-économiques déterminants plutôt que le choix de tel ou tel régime de taux de change qui relève davantage de l'évolution et des circonstances propres aux différents pays concernés. On peut s'attendre enfin à ce que les ministres des Finances de l'Asem décident désormais de se réunir, non plus tous les deux ans, mais chaque année. La session devrait être clôturée dimanche à la mi-journée par M.Miyazawa.
Une rencontre entre les ministres des Finances de la Troïka européenne (France, Suède et Belgique), plus le commissaire Solbes et leur homologue japonais se tiendra en fin de journée. Les Européens souhaitent notamment suivre les discussions politiques récentes et les changements opérés au Japon et, plus particulièrement, la création d'un comité budget/finance dont la responsabilité relève directement du Premier ministre.