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Bulletin Quotidien Europe N° 7858
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/reforme institutionnelle

M. Juncker affirme que les petits Etats ne doivent pas devenir des observateurs du processus décisionnel

Bruxelles, 07/12/2000 (Agence Europe) - Le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, dans une interview au Figaro publiée jeudi, a admis que, à la CIG, « nous avons perdu beaucoup de temps avec des réflexions sur la réduction du nombre de commissaires, et, sur ce point, je ne puis que critiquer la démarche choisie par certains grands Etats dont la France ». « Je pense que le nombre de commissaires doit croître jusqu'à la fin de l'élargissement actuellement envisagé », a-t-il dit, en ajoutant: « Ensuite, je n'ai aucune objection à un système de rotation égalitaire avec un plafonnement du nombre de commissaires à un niveau supérieur à vingt. J'y serais prêt si le sommet de Nice se mettait d'accord sur les modalités d'une telle rotation. Faute de quoi, il faudrait au moins en retenir le principe et se fixer un nouveau rendez-vous. Encore faudrait-il qu'une proposition concrète nous soit faite, ce qui n'est pas le cas ». Quant à la repondération des voix, M. Juncker a constaté que "l'on gesticule beaucoup autour des différentes formules qui sont sur la table, alors qu'il n'y a aucune proposition de la part de la présidence". Celle-ci a retiré la proposition sur la double majorité, mais elle va réapparaître à Nice, a affirmé M. Juncker, en notant que « si l'on veut un système de repondération, le plus grand des Etats membres devrait être le numéro un incontesté en nombre de voix », mais « il ne faut pas pousser la différenciation au point de faire des petits Etats des observateurs du processus décisionnel ».Le premier ministre luxembourgeois a aussi dit, au sujet d'un éventuel « décrochage » de l'Allemagne, qu'il peut s'imaginer que « l'Allemagne puisse avoir une légère avance », tout en soulignant que « la France et l'Allemagne savent que Nice ne peut pas courir à l'échec à cause de cela ». Au sujet de la majorité qualifiée, M. Juncker a dit ne pas avoir « confiance dans les membres du Conseil qui, très souvent, n'écoutent pas ceux qui ne sont pas d'accord avec les positions majoritaires ». Selon lui, si on avait en Europe « une véritable culture du débat, il serait autrement plus facile de passer à la majorité qualifiée ». Interrogé sur l'attitude de la France concernant le commerce et "l'exception culturelle", M. Juncker a dit pouvoir comprendre ce souhait français. Si « cela provoque des ricanements dans certains quartiers européens, c'est qu'on n'a rien compris à la France », a-t-il ajouté.

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