Bruxelles, 07/12/2000 (Agence Europe) - "La Charte de l'énergie et le partenariat Union européenne/Russie sur l'énergie, lancé récemment par Romano Prodi, sont tout à fait complémentaires", a assuré jeudi à Bruxelles Henning Christophersen, président de la Conférence de la Charte de l'énergie, lors de la réunion bi-annuelle de cette Conférence. "Nous observons avec beaucoup d'intérêt l'initiative Prodi et nous pensons que nous avons quelque chose à offrir puisque le cadre de la Charte est non seulement plus large, en s'ouvrant aux questions d'économie d'énergie par exemple, et plus contraignant puisque les signataires sont liés par le Traité de la Charte", a précisé la secrétaire générale de la Charte, Ria Kemper. Le Traité de la Charte de l'énergie a été signé en 1994 par une cinquantaine de pays, y compris au-delà du continent européen, pour assurer la sécurité du marché de l'énergie, notamment avec la Russie et les pays de l'Est. "En tant qu'organisme multilatéral, nous pouvons offrir un cadre et servir d'instrument pour toute initiative bilatérale menée par l'un de nos membres", a ajouté Mme Kemper.
La secrétaire générale de la Charte s'est dite par ailleurs relativement optimiste sur la possibilité que la Russie ratifie en 2001 le Traité signé il y a six ans. Après leur rencontre à Moscou avec des représentants de la Douma, du gouvernement et de l'industrie (notamment Gasprom), Ria Kemper et Henning Christophersen ont estimé qu'il existe à l'intérieur de la nouvelle Douma la volonté de poursuivre les travaux de ratification. "La Douma pourrait s'en occuper lors de sa session de printemps", a espéré Mme Kemper. Il s'agira d'un pas important pour la Charte, a-t-elle souligné, en rappelant que le Japon et l'Australie conditionnent leur ratification à celle de la Russie. Le secrétariat de la Charte a annoncé au cours de la Conférence que les parlements de Turquie, Bosnie-Herzégovine et Pologne ont approuvé la ratification de la Charte, mais ces pays doivent encore déposer les instruments de ratification. Les perspectives d'accueillir la Chine et l'APEC comme observateurs semblent se préciser.
La Conférence de la Charte de l'énergie a adopté un nouveau calendrier pour la conclusion des négociations sur le transit de l'énergie, qui devaient s'achever initialement avant la fin de cette année. Les négociations pourraient être conclues en principe en avril ou mai 2001, à l'issue de trois nouveaux rounds de négociation. L'objectif est d'adopter le protocole de transit lors de la Conférence de la Charte de l'énergie des 10 et 11 septembre 2001, a indiqué la présidente du groupe de négociations, Helga Steeg, en se déclarant "assez optimiste". Les négociations portent notamment sur la mise en place d'un organe de règlement des différends, l'accès aux capacités, la tarification du transit, l'interdiction de détourner les énergies en transit, etc.; elles semblent achopper en particulier sur la question de la tarification. "Le problème est de trouver une approche commune en la matière entre des pays qui ont des années de pratique comptable ou de tarification différentes", a expliqué Mme Steeg. Il s'agit en outre de concilier les positions divergentes des pays producteurs, consommateurs et de transit, a-t-elle ajouté.