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Bulletin Quotidien Europe N° 7837
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/pays-bas

Le ministre des Finances Gerrit Zalm a dressé un tableau très positif de l'économie néerlandaise et s'est prononcé pour une certaine harmonisation des systèmes d'imposition des retraites dans les pays de l'UE

Bruxelles, 07/11/2000 (Agence Europe) - Le gouvernement néerlandais suit une politique économique et budgétaire souple et prudente, et depuis six ou sept ans, « les résultats sont bons »: croissance de 3% qui a parfois frisé les 4%, passage d'un déficit budgétaire égal à 1,3% du PIB à un excédent de 0,15% (il faut remonter au début des années 50 pour retrouver un excédent analogue), baisse du taux de chômage (qui est même plus bas que celui du Luxembourg), grâce à une politique encourageant les gens à travailler, en particulier grâce à des salaires attrayants. C'est là le tableau enviable esquissé lundi soir devant la commission économique et monétaire du Parlement européen par le ministre néerlandais des Finances Gerrit Zalm, qui a cependant tenu à rappeler que, avant ce « miracle néerlandais », il y avait eu aussi ce qu'on avait appelé « the Dutch disease ».

M. Zalm a insisté sur la nécessité (commune à l'Europe en général) de s'attaquer au problème du vieillissement de la population et à la charge que ce phénomène entraîne pour le financement des systèmes de retraite. Il a estimé que le système néerlandais des retraites en trois piliers (cotisations obligatoires, retraites complémentaires avec capitalisation, épargne) constitue une « bonne combinaison entre la solidarité et le sens de responsabilité individuel ». Nous essayons quand même d'améliorer ce système, notamment en encourageant le recours aux retraites complémentaires, a indiqué M. Zalm. En répondant à la démocrate-chrétienne luxembourgeoise Astrid Lulling à propos de la proposition de la Commission en cette matière (qui, a remarqué la parlementaire, semble se heurter à des difficultés chez les ministres des Finances, notamment à cause de l'opposition allemande), M. Zalm a dit: « J'aimerais qu'en Europe, on arrive à harmoniser un peu les systèmes d'imposition des retraites ( …) afin de permettre une certaine mobilité dans le marché unique ».

Au démocrate-chrétien allemand Karl von Wogau qui demandait comment les Pays-Bas entendent utiliser leur excédent budgétaire actuel, M. Zalm a répondu que "malheureusement" cet excédent n'est que trop facile à utiliser, en citant le coût du vieillissement de la population. Mais, a-t-il ajouté, tous nos partis politiques « sont tombés amoureux de notre excédent, et nous n'allons pas le gaspiller ». Le socialiste luxembourgeois Robert Goebbels a posé lui aussi le problème démographique et des soins de santé, en notant que les Etats-Unis ont réussi à « bâtir le système de santé le plus cher du monde », alors que 35 millions d'Américains n'ont aucune couverture dans ce domaine: les Etats-Unis « ne sont pas notre idéal », et nous recherchons un « cocktail intelligent » entre le rôle public et privé, a répliqué M. Zalm. M. Zalm a, par ailleurs, observé que le travail à temps partiel est une formule très pratiquée dans son pays (dans une famille, il y a en moyenne un emploi et demi à temps plein, a-t-il estimé); à son avis, dans la jeune génération, il y aura un équilibre entre hommes et femmes en ce qui concerne le temps partiel, qui devient aussi un choix de certains hommes. Le taux d'emploi de 60% souhaité à terme par le sommet de Lisbonne pour les femmes en Europe est-il idéal ? a demandé aussi Mme Lulling. Je ne sais pas, a répondu M. Zalm. L'élu de Nea Demokratia Ioannis Marinos s'est interrogé sur l'exportabilité du « modèle néerlandais », et le ministre a répondu que c'est peut-être dangereux d'exporter des politiques.

Benedetto Della Vedova, élu de Forza Italia, voulait savoir si la baisse du chômage aux Pays-Bas était allée de pair avec une politique restrictive de l'immigration; M. Zalm ne lui a pas vraiment répondu. Avant, il y avait beaucoup de Néerlandais qui travaillaient en Allemagne, maintenant il y a des Allemands qui travaillent chez nous, a-t-il dit, et il estimé que les Pays-Bas ont proportionnellement le plus haut niveau de demandeurs d'asile, « peut-être parce que l'accueil y est plus agréable ».

La présidente de la commission économique et monétaire, la sociale-démocrate allemande Christa Randzio-Plath, enfin, a demandé à M. Zalm si la politique fiscale pratiquée par son pays était tout à fait conciliable avec le Code de conduite sur la concurrence fiscale nuisible (comme exemple des firmes attirées aux Pays-Bas, elle a cité la holding Airbus); le ministre a répondu qu' "un peu de concurrence fiscale, c'est sain", mais qu'il faut évidemment éviter les distorsions. Mme Randzio-Plath l'a aussi questionné sur la « méthode ouverte de coordination » lancée par le Conseil européen de Lisbonne, et M.Zalm lui a dit qu'il n'avait pas perçu cela comme quelque chose de réellement nouveau, en notant que cette « coordination en douceur », tenant compte des politiques nationales, était un système familier aux Pays-Bas.

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