Bruxelles, 03/11/2000 (Agence Europe) - Suite au naufrage de l'Ievoli Sun au large de l'île anglo-normande d'Aurigny, et au risque de pollution du littoral atlantique par le styrène, produit chimique dangereux échappé des cuves du navire, la Commission européenne a répondu à la demande d'assistance des autorités françaises en mobilisant immédiatement sa Task force spécialisée, dans les limites de ses compétences. Selon la porte-parole de Margot Wallström, commissaire à l'Environnement et à la Protection civile, les autorités françaises et les services de la Commission (en particulier l'Unité "Protection de la Nature, zones côtières et tourisme" de la Direction générale de l'Environnement, pour évaluer l'impact de l'accident sur la faune et la flore) ont été en contact étroit dès la survenue de l'accident le 31 octobre. Et ce, avant même que le Secrétariat général de la mer, qui relève des services du Premier ministre français, ne sollicite formellement le concours communautaire. Deux types de soutien, mettant à contribution la solidarité européenne, ont alors été demandés, à savoir: 1) des informations sur les moyens existants et les méthodes d'inspection à mettre en œuvre dans ce type d'accident sur la connaissance acquise par d'autres Etats membres des réactions du styrène dans des conditions extrêmes, sur les études d'impact environnemental de ce produit déversé dans l'environnement marin ; 2) l'activation du réseau d'experts en pollution maritime (une centaine au total), dépêchés par l'Unité Protection civile à la direction générale de l'Environnement de la Commission.
"Les dernières informations fournies par la France (NDLR: la ministre de l'Environnement, Dominique Voynet, a fait état ce vendredi d'un "risque faible" de pollution des côtes) permettent de rester quelque peu optimiste. Les conditions atmosphériques permettant une première observation du naufrage par vidéo sont aussi un élément positif important, mais ce type d'accident souligne la nécessité d'accroître la prévention", a déclaré la porte-parole de Margot Wallström. Et de rappeler que le nouveau cadre communautaire de coopération entre les Etats membres (récemment mis en place pour lutter contre la pollution marine accidentelle au cours de la période 2000-2004), la proposition de la Commission (soumise le 27 février dernier) pour améliorer la coordination des interventions de protection civile en cas d'urgence, et les récentes propositions visant à renforcer la sécurité maritime (voir les déclarations de la commissaire aux Transports Loyola de Palacio dans EUROPE du 1er novembre, p. 14) sont autant d'initiatives de la Commission pour satisfaire à cette exigence.