Bruxelles, 03/11/2000 (Agence Europe) - "L'Union européenne connaît une période de robuste croissance économique et de forte création d'emplois. L'Espagne et le Royaume-Uni bénéficient tous deux de la création de nouveaux emplois qui reflète notre engagement en faveur de politiques saines de consolidation budgétaire, réforme économique et inclusion sociale. D'abord, nous partageons la conviction que la consolidation budgétaire et des budgets sains sont aujourd'hui la meilleure manière de garantir la soutenabilité de nos systèmes de protection sociale à l'avenir. Deuxièmement, l'UE doit redoubler ses efforts de réforme économique (...) Dans l'UE dans son ensemble, il est prévu que l'emploi total doit augmenter d'un million dans l'année suivant le sommet de Lisbonne. Ceci est un bon progrès vers l'objectif de Lisbonne d'un taux d'emploi de 70% d'ici 2010. La récente faiblesse de l'euro ne reflète pas le sain potentiel à plus long terme de l'économie européenne. Nous croyons fermement que l'intensification de la réforme structurelle fournit la base pour le succès d'un euro fort". C'est ainsi que s'ouvre la Déclaration conjointe adoptée par les premiers ministres espagnol et britannique, José Maria Aznar et Tony Blair, à l'issue de leur sommet bilatéral de la semaine dernière (voir EUROPE du 1er novembre, p.5).
En anticipation du Conseil européen de Stockholm des 23 et 24 mars 2001 (le premier sommet de suivi des objectifs fixés par le Conseil européen de Lisbonne des 23 et 24 mars 2000), les deux chefs de gouvernement affirment que l'UE devrait avancer plus rapidement dans certains secteurs clés, et soulignent l'importance des "calendriers concrets et objectifs spécifiques" fixés à Lisbonne, en insistant sur:
ouverture plus rapide du marché. En particulier: - le Conseil devrait parvenir d'ici juin 2001 à un accord sur le paquet de législation sur les télécoms; - la pleine libéralisation des marchés du gaz et de l'électricité devrait être mise en oeuvre d'ici 2004; - la Commission et le Conseil devraient obtenir un Ciel européen unique complètement libéralisé d'ici 2004, et ouvrir davantage à la concurrence le transport de marchandises par rail; -un accord politique sur les règles pour l'introduction de l'échange de slots dans les aéroports devrait être réalisé d'ici la fin de 2001.
Amélioration de l'environnement réglementaire. Le PE, le Conseil et la Commission devraient signer un accord interinstitutionnel permettant d'adopter des mesures de simplification et codification non controversées par une procédure accélérée de codécision s'achevant après la première lecture.
Aides d'Etat et politique de concurrence. Le niveau global des aides d'Etat en pourcentage du PNB des 15 devrait tomber d'1,1% actuellement à 0,9% en 2003 et 0,7% en 2005. En outre, il faudra: - des progrès rapides dans la mise en oeuvre des recommandations du Groupe Primarolo (Code de conduite sur la concurrence déloyale en matière fiscale);- une plus grande transparence des aides d'Etat, y compris grâce à l'idée de la Commission d'établir un tableau de bord des aides d'Etat versées par les Etats membres; - une coopération plus étroite entre les respectives Autorités nationales de la concurrence, afin d'échanger les expériences; - un cadre clair et transparent pour la définition, le financement et la fourniture de services publics par les Etats membres, "en conformité avec une vigoureuse politique de la concurrence de l'UE"; - lignes directrices convenues afin de faciliter une décision rapide sur la fourniture de financements impliquant une contribution du secteur public aux petites entreprises.
Mesures concernant le financement des petites entreprises, en particulier: - l'abolition, d'ici la fin de 2002, de tous les obstacles à un marché paneuropéen du capital à risque ouvert et efficace; - l'annonce, par le Conseil européen de Stockholm, des premiers projets d'accès aux financements pour les firmes à haute technologie et "start-ups", par la réorientation des fonds de la BEI.
Progrès dans les services financiers, en particulier grâce aux mesures suivantes: - approbation "fast track" de la législation prioritaire par le Conseil et le Parlement; - approche basée si nécessaire sur des directives cadres; - établissement par l'UE de "clairs indicateurs de succès" (comme la liquidité des marchés de capitaux et les différences de prix pour les services de détail).
Progrès dans l'éducation et l'apprentissage tout le long de la vie, notamment grâce à: - un ambitieux programme de jumelages d'écoles entre Etats membres utilisant l'Internet, afin de développer les connaissances linguistiques et la connaissance réciproque "de nos enfants"; - un programme communautaire visant à promouvoir les qualifications des chômeurs; - l'assurance que les écoles donnent à tous les connaissances de base leur permettant d'utiliser la technologie de l'information dans la vie quotidienne et dans le travail.
Développement de nouvelles techniques, afin que l'Europe profite de la prochaine vague de l'économie de la connaissance en développant la recherche dans les technologies émergentes. En particulier, étant donné que les développements dans la biotechnologie et les sources d'énergie renouvelables seront une source majeure d'emplois "high-tech", l'UE doit stimuler un climat d'innovation, y compris en créant des centres d'excellence et en encourageant le développement de l'Espace de recherche européen.
Efficacité de la "méthode ouverte de coordination" lancée à Lisbonne, fondée sur des indicateurs qualitatifs et quantitatifs. Madrid et Londres affirment en particulier: -"nous avons besoin d'un petit nombre d'indicateurs simples, bien sélectionnés et comparables sur le plan international", mettant l'accent sur l'évolution des structures des marchés et la modernisation des marchés du travail, et sur des mesures d'inclusion sociale; - "nous attendons avec intérêt le développement avant Stockholm d'une série d'indicateurs globaux montrant clairement et dans des termes faciles à comprendre nos progrès dans la mise en oeuvre de la stratégie de Lisbonne"; - "le rapport de synthèse de la Commission pour Stockholm nous fournira un instrument utile, nous permettant de maintenir le rythme de la réforme comme convenu à Lisbonne". L'Espagne et le Royaume-Uni poursuivent: "Nous proposons que la Commission utilise ce document pour établir une analyse d'ensemble des progrès réalisés dans la réforme économique, l'emploi et la cohésion sociale, les questions clés de la stratégie de Lisbonne". Selon les deux pays, ce document devrait indiquer les actions spécifiques et le calendrier nécessaires pour atteindre les objectifs de Lisbonne et identifier les nouveaux défis à relever pour l'avenir.