Bruxelles, 03/11/2000 (Agence Europe) - Le gouvernement de Bulgarie a lancé jeudi un appel aux pays membres de l'UE pour qu'ils décident de biffer son pays de la "liste noire" des pays tiers dont les ressortissants doivent obligatoirement se munir d'un visa pour entrer sur le territoire de l'UE, et ceci indépendamment du sort qui sera réservé à la Roumanie (qui figure aussi sur cette même liste noire). A ce stade, la Bulgarie et la Roumanie sont les seuls des douze pays candidats qui négocient leur adhésion dont les citoyens sont soumis à une obligation de visa pour entrer dans l'UE. La Commission européenne (appuyée par le Parlement européen) a proposé que les deux pays soient retirés de cette liste, mais il manque encore une décision favorable des Etats membres. Un vote sur cette question est prévu pour le 30 novembre prochain quand se réunira le Conseil Justice et affaires intérieures.
En attendant, la Bulgarie se dit confiante pour son propre cas, mais elle craint que son cas soit traité ensemble avec celui de la Roumanie, au lieu d'être traitée sur base de ses propres mérites. La Roumanie, semble-t-il, est loin de convaincre entièrement la totalité des Quinze de l'efficacité des mesures prises pour combattre l'immigration clandestine et le trafic des êtres humains.
"Nous avons l'assurance de chacun des 15 pays de l'UE qu'ils soutiennent la sortie de la Bulgarie de la liste des pays pour lesquels le visa d'entrée est exigé, et ce en vertu des progrès réalisés", a déclaré le porte-parole du ministère bulgare des Affaires étrangères. Ceci semble confirmé par une lettre du président du Conseil Hubert Védrine à son homologue bulgare Nadejda Mikhaïlova. "La Bulgarie tient à ce que les progrès réalisés par chaque pays soient évalués séparément", a ajouté le porte-parole bulgare. Selon des sources non confirmées, la Bulgarie aurait même menacé de se retirer du Pacte de Stabilité pour les Balkans au cas où la décision du 30 novembre serait négative. La Commission européenne a refusé vendredi de commenter ces rumeurs.
Entre-temps, le ministre roumain des Affaires étrangères, Petre Roman, a suggéré aux Quinze de temporairement "suspendre" l'obligation de visa pour les Roumains (comme l'UE l'a déjà fait pour les Slovaques) afin de vérifier le comportement des citoyens roumains avant la prise d'une décision définitive plus tard. "Dans un premier temps, les visas ne seraient que suspendus, jusqu'à ce que l'on constate que les Roumains se rendent dans les pays de l'Union européenne pour des motifs parfaitement honorables", a déclaré M.Roman. Le ministre roumain des Affaires intérieures, Constantin Dudu Ionescu, a pour sa part estimé que la suppression des visas pour les Roumains ne présentait pas de risque pour l'UE. "La Roumanie a assumé des obligations visant à la sécurisation des frontières, et elle les a respectées", a-t-il déclaré. M.Ionescu a aussi rejeté des accusations selon lesquelles la Roumanie serait le principal pays de transit pour les immigrants clandestins se rendant en Europe de l'Ouest.