Francfort, 03/11/2000 (Agence Europe) - La Banque centrale européenne a annoncé ce vendredi qu'elle était intervenue sur les marchés des changes (pour soutenir l'euro), suite à "sa préoccupation pour les répercussions globales et intérieures du taux de change de l'euro, y compris son impact sur la stabilité des prix". Dans un communiqué, la BCE "confirme son opinion selon laquelle la valeur externe de l'euro ne reflète pas les conditions favorables de la zone euro". Après la confirmation de l'intervention, l'euro a grimpé à 0,8787 dollars.
Jeudi, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne avait décidé de maintenir inchangé son principal taux d'intérêt, à 4,75%. Les taux plafond (le taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal) et plancher (facilité de dépôts) ont également été maintenus à respectivement 5,75% et 3,75%. Cette décision était attendue, après la légère reprise de l'euro face au dollar. Peu après l'annonce de la décision de la BCE, la monnaie européenne cotait à 0,8643 face au dollar.
Dans une conférence de presse, jeudi, le président de la BCE Wim Duisenberg avait réaffirmé sa confiance dans la croissance de la zone euro, en déclarant: "Nous continuons à anticiper, en Europe, un robuste taux de croissance aussi bien en 2000 qu'en 2001 et, nous l'espérons, au-delà - robuste signifiant de 3% ou plus". Par ailleurs, en notant que l'économie américaine semble se diriger vers des "niveaux plus supportables de croissance", M.Duisenberg a affirmé: "Nous avons constamment expliqué la sous-évaluation de l'euro par un significatif différentiel de croissance (entre l'Europe et les Etats-Unis). Maintenant que ce différentiel, peut-être, diminue, nous avons des raisons de croire que cette sous-évaluation, avec le temps, pourrait se corriger".
Interrogé par la presse au sujet de l'intervention de la BCE, le porte-parole du Commissaire aux affaires économiques et monétaires Pedro Solbes a affirmé que cette intervention était conforme à la position exprimée par la Commission et par les ministres des Finances lors de la dernière réunion de l'Eurogroupe, position selon laquelle, d'une part, le niveau actuel de l'euro ne reflète pas les "fondamentaux" économiques de la zone euro, et, de l'autre, l'intervention demeure l'un des instruments qui sont à la disposition de la Banque centrale européenne. Cette décision "unilatérale" (contrairement à l'intervention concertée de septembre dernier) est aussi conforme à la déclaration des ministres des Finances du G7 qui, le 23 septembre, avaient indiqué en particulier qu'ils suivraient de près l'évolution du taux de change de l'euro, a dit le porte-parole.