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Bulletin Quotidien Europe N° 7829
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/cÔte d'ivoire

L'UE "exige" que le choix des électeurs soit respecté

Bruxelles, 25/10/2000 (Agence Europe) - La Présidence française du Conseil a fait la déclaration suivante, au nom de l'UE? sur les événements en Côte d'Ivoire: "1. Alors que le premier tour des élections présidentielles s'était déroulé dans le calme et que la Commission nationale électorale avait commencé à publier les premiers résultats du scrutin, le ministère de l'Intérieur ivoirien a dissous cette Commission pour proclamer la victoire du général Gueï. 2. L'Union européenne condamne ces méthodes inacceptables qui privent de toute crédibilité le processus de retour à l'ordre constitutionnel. 3. L'Union européenne estime indispensable que la Commission nationale électorale, dont elle regrette vivement la dissolution, reprenne ses travaux sans interférence d'aucune sorte et soit mise en mesure de proclamer les résultats officiels du scrutin dans les meilleurs délais. 4. L'Union européenne exige que soit respecté le choix exprimé par les électeurs. Elle se réserve de prendre les mesures rendues nécessaires dans le cadre de ses relations avec la Côte d'Ivoire."

Les derniers développements paraissent de bon augure pour le retour à la démocratie

Quelques heures seulement après cette condamnation formelle, par l'Union, du refus du général Robert Gueï de s'incliner devant le verdict des urnes, la donne avait déjà changé: la population ivoirienne, descendue par milliers dans la rue, avait réussi à chasser du pouvoir le président autoproclamé, déjà auteur du coup d'Etat militaire de décembre 1999. En fin d'après-midi, ce mercredi, acculé à lâcher prise, le général Gueï avait quitté le pays pour trouver refuge au Bénin. Le socialiste Laurent Gbagbo, vainqueur de l'élection présidentielle appelait, lui, à la réconciliation de tous les Ivoiriens et annonçait son intention de former rapidement un gouvernement.

La chute de la junte militaire au pouvoir et l'instauration prochaine d'un régime démocratiquement élu, si elle se confirmait, éloignerait la menace de suspension de la coopération au développement de l'UE avec la Côte d'Ivoire, que le commissaire européen au Développement, Poul Nielson, avait simplement évoquée en s'exprimant ce mercredi devant le Parlement européen dans le cadre d'une intervention sur la coopération avec les pays ACP impliqués dans des conflits armés.

La nouvelle tournure prise par les événements devrait aussi satisfaire les autorités françaises qui, après avoir fait preuve de réserve à l'égard de la junte militaire, avait vivement condamné la tentative du général Gueï de se maintenir par la force, une heure avant la fuite de ce dernier.

Soulignant qu'une douzaine de pays de l'Afrique subsaharienne se trouvent actuellement dans ce cas, « ce qui sape les efforts déployés pendant des décennies pour favoriser le développement humain et économique », le commissaire a déclaré: « nous ne pouvons pas nous soustraire à ces questions difficiles. La Commission étudie la réponse à leur apporter, et en particulier s'il convient d'avoir recours à l'article 96 de l'accord de Cotonou », tout en exprimant « le regret que les Etats membres n'aient pas donné suite plus rapidement à la communication de la Commission » (Ndlr: communication de mai 1999 sur la coopération de l'UE avec ces pays en conflit). EUROPE en rendra compte en détail dans son bulletin de demain.

 

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