login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 7824
Sommaire Publication complète Par article 12 / 59
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/etats-unis

Vers une solution au différend sur la viande aux hormones, vives réserves américaines au projet européen sur les bananes

Bruxelles, 18/10/2000 (Agence Europe) - A l'issue de deux jours de pourparlers techniques avec des experts de la Commission européenne, un haut responsable américain a fait état de progrès sensibles dans l'affaire de la viande aux hormones, tout en confirmant le scepticisme de Washington face à la solution envisagée par l'UE pour résoudre le différend sur la banane. Des négociations sont possibles sur le premier dossier - sur la base de compensations européennes prenant la forme d'un supplément de quota de boeuf sans hormones en provenance d'outre-Atlantique, mais pas sur le second, a-t-on précisé au siège de l'Exécutif communautaire: "Nous avons une proposition sur la table qui a reçu l'appui du Conseil; donc, notre chemin est clair".

Dossier "hormones". Lors d'une conférence de presse, Greg Frazier, le négociateur américain pour l'agriculture, a qualifié de "très constructives" les discussions avec les services agriculture et commerce de la Commission à propos des hormones. Il a estimé être en mesure de soumettre aux éleveurs et autorités américaines, après les démarches "positives" récemment entreprises par la Commission (entre autres, la décision de ramener les onéreux tests sur les cargaisons américaines de 100 à 20%), des "idées" pour "aller de l'avant". "Cela ne signifie pas que nous sommes arrivés au bout de la route", a-t-il toutefois précisé, en rappelant qu'un point "central" reste à convenir: ce que représente quantitativement (en termes de quota supplémentaire) le préjudice de 116,8 millions de dollars par an subi par les éleveurs américains du fait de l'embargo communautaire sur la viande aux hormones. Selon des sources informées, Washington aurait évalué à 50.000 tonnes le complément de quota requis, soit deux fois plus que ce que les Européens sont disposés à concéder. Or, les Etats-Unis n'exploitent que la moitié de l'actuel quota qu'ils partagent avec le Canada (environ 6.000 tonnes sur un total de 11.500 tonnes). Selon le syndicat des éleveurs, le NCBA (National Cattlemen's Beef Association), la solution pour leur permettre d'augmenter leurs livraisons en Europe passe surtout par la levée du droit de douane de 20% qui leur est actuellement applicable. "Notre but ultime est le plein accès, mais nous aimerions commencer à faire entrer du boeuf sur le marché", a indiqué son porte-parole Julie Quick. Le NCBA avait indiqué, dans une lettre au représentant de la Commission à Washington, qu'il était désormais prêt à approuver un allégement des sanctions américaines en contrepartie d'un paquet de compensations européennes incluant le démantèlement du droit cité. La réponse est pour l'instant réservée sur ce dernier point: "La clé, c'est leur capacité à exporter. L'application ou non du droit de 20% dépendra de la quantité qui nous sera livrée", soulignait-on à Bruxelles. Les autorités américaines donnent évidemment beaucoup d'importance au point de vue des éleveurs. "La possibilité d'aller de l'avant et de parvenir à une solution en dépend", a souligné M.Frazier.

Dossier "bananes". Le négociateur américain s'est montré nettement moins positif en ce qui concerne l'issue des discussions sur la banane. Ce fut "essentiellement un échange de vues", qui a permis à chacun de clarifier sa position, a-t-il indiqué, réservé. M.Frazier a expliqué "directement" à la Commission le "pourquoi" des sérieux doutes de Washington quant à la compatibilité de la solution en discussion avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Selon lui, le système contingentaire envisagé pour la période transitoire jusqu'au passage en 2006 à un système exclusivement tarifaire, reproduirait les problèmes auxquels il est supposé remédier, à savoir: i) un traitement préférentiel en faveur des ACP et discriminatoire pour les autres partenaires en ce qu'il réserve aux premiers une part du marché communautaire; ii) l'effet prohibitif du niveau du droit préférentiel pour certaines compagnies au profit de quelques autres. "Le fait que la Commission promette de modifier le système s'il s'avérait discriminatoire prouve qu'elle s'y attend", a estimé M.Frazier. Il a précisé que les objections de Washington ne visent pas le modèle du "1er arrivé, 1er servi" en soi, mais la "manière de le mettre en oeuvre". "La compatibilité d'un droit dépend de son niveau" et en pratique, a-t-il dit, les 300 écus/tonnes envisagés pour les bananes non-ACP importées dans le troisième contingent (préférentiel) seront "prohibitifs". En outre, "le premier qui arrive ici devrait être le premier à entrer mais ce n'est pas le cas", a-t-il poursuivi en référence au fait que les licences d'importation seraient attribuées une fois embarquées les cargaisons sur un bateau en partance pour l'Union, plutôt que sur la base de la présence physique des bananes dans un port européen. M.Frazier a ainsi qualifié ce système: "tout ce qui arrive des ACP est servi". "Il ne semble pas que ceci puisse mener à une prompte résolution du différend", a-t-il indiqué, en estimant que sur une telle base, "ça ne marchera pas", en attendant de mettre en place le régime définitif (exclusivement tarifaire).

Sur un plan plus général, le négociateur américain a rappelé "l'engagement renouvelé de Washington" à résoudre les différends transatlantiques avant le Sommet du 18 décembre prochain (le dernier du Président Clinton) et indiqué qu'il "reste du temps dans la période à venir", précisant, ironique, que la date butoir pour ses propres efforts sera éventuellement le 21 janvier 2001, à l'échéance de l'Administration actuelle. Et quid de la menace de rétorsions en carrousel contre l'industrie européenne ? "On verra dans les toutes prochaines semaines en fonction de ce qui se passe à partir de maintenant", a-t-il dit.

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE