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Bulletin Quotidien Europe N° 7823
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

Les réductions d'impôts doivent être compensées par des réductions de dépenses dans les Etats qui n'ont pas encore atteint l'équilibre budgétaire - La confiance dans l'euro demeure intacte

Luxembourg, 17/10/2000 (Agence Europe) - Une confiance confirmée en l'euro en raison des perspectives favorables de croissance et des différences d'appréciation entre la Commission et certains Etats membres à propos de l'équilibre à trouver entre réductions d'impôts et assainissement des finances publiques: tels sont les messages qui sont sortis de la réunion de l'Eurogroupe de lundi soir. La confiance dans l'euro a été affirmée, lors de la conférence de presse, par le ministre français des Finances Laurent Fabius et par le commissaire Pedro Solbes. Le second message était implicite dans les tonalités parfois différentes de leurs propos. Le président de la BCE Wim Duisenberg n'a pas participé à la conférence de presse (le président de l'Eurogroupe invitant la presse à n'en pas tirer de conclusions abusives). MM. Fabius et Solbes ont ainsi résumé les travaux:

Situation économique et situation des marchés. Au terme d'un "tour d'horizon approfondi", les ministres des Finances ont, selon Laurent Fabius, été "frappés par le maintien de la croissance élevée" qui se dessine dans la zone euro. Sans doute sont-ils conscients de certains "effets liés à la crise du pétrole" et des "inquiétudes nées de la situation au Moyen-Orient", mais leurs analyses sur 2000 et les perspectives pour 2001 les amènent à la conclusion que la croissance reste et restera "soutenue". Pour 2000, a confirmé Pedro Solbes, la bonne situation actuelle "va nous mener à des chiffres de croissance proches de ceux prévus" (entre 3,4 et 3,5%) et les chiffres de 2001 devraient aussi être "très similaires aux prévisions" (3%). Un chiffre qui, en tout état de cause, sera "plus élevé que de nombreuses années précédentes", a conclu M. Fabius.

En ce qui concerne la situation de l'euro par rapport au dollar, le ministre français a également fait état d'une "appréciation unanime" des ministres: "La nécessité d'avoir une monnaie plus en ligne avec les fondamentaux de notre économie". Et M. Fabius d'expliquer: "Nous pensons, preuves à l'appui, que la croissance est forte et qu'elle va rester soutenue. Donc, le taux actuel de l'euro n'est pas en lignes avec les éléments fondamentaux de l'économie" de la zone euro. Pour M. Fabius, l'analyse de l'Eurogroupe n'a donc "pas varié depuis septembre et sa ligne de conduite non plus": A la question de savoir quelle serait, à ses yeux, la vraie valeur d'équilibre de l'euro, M. Fabius a indiqué s'être "toujours gardé de la définir à quelques cents près", préférant souligner que "tous, ministres et banquiers centraux", étaient d'accord pour juger qu'elle est "nettement plus haute que celle d'aujourd'hui", les "fondamentaux économiques militant en ce sens". A la question de savoir si une nouvelle intervention de la BCE sur les marchés était à l'ordre du jour, il a indiqué que ce type de décisions était par nature "imprévisible" dans la mesure où "pour être efficaces, elles ne doivent pas être prévues". Enfin, Laurent Fabius a indiqué que la BCE utilisait les taux d'intérêt pour lutter contre l'inflation, mais a estimé que "l'intérêt commun" était "en même temps que la croissance la plus forte possible soit préservée", un équilibre étant à trouver (ce qui n'est "jamais facile").

Situation des finances publiques. Pour Laurent Fabius, "il y a une réduction des déficits publics qui se poursuit à bon rythme". Mais "on peut espérer que ce rythme puisse encore s'amplifier", même s'il y a "déjà eu une amélioration importante". Les "éléments établis dans le Pacte de stabilité sont atteints", a confirmé le commissaire Pedro Solbes en précisant toutefois que la Commission insistait pour qu'on aille plus vite en utilisant les marges disponibles. D'autre part, a-t-il indiqué laconiquement, "nous avons fait certains commentaires sur les réductions d'impôts dans certains Etats membres". Il a précisé que la réduction des impôts: a) ne devait "jamais affecter le Pacte de stabilité". Dans les Etats membres qui n'ont pas encore une situation budgétaire saine, la réduction du déficit doit être le premier objectif") ; b) devait être "compensée par une réduction des dépenses ; c) ne peut être procyclique ; d) devrait être "cohérente avec la dette publique à long terme". M. Fabius a reconnu qu'il y avait eu "échange de vues" sur la progression des dépenses en volume prévue en France en 2001 et qu'il pouvait y avoir "diversité d'analyses", même s'il était d'accord avec le commissaire et beaucoup de ses collègues sur la nécessité d'être "très vigilant sur le plan des dépenses".

Préparation de l'euro pratique. Les ministres ont fait le point sur l'état des préparatifs et ont, a dit M. Fabius, admis que pas mal de progrès restaient à faire. Dans une déclaration commune sur les frais du basculement en euro, ils ont dit avoir pris en considération les requêtes formulées par plusieurs secteurs économiques, mais ont rétorqué à ces derniers que: i) la monnaie unique avait été introduite en vue d'entraîner des gains d'efficacité substantiels pour l'économie dans son ensemble, avec des retombées positives pour la croissance et l'emploi ; ii) ces bénéfices seront permanents, alors que les coûts du basculement seront ponctuels et relativement peu élevés par rapport aux gains prévisibles pour tous les secteurs économiques, lesquels devraient dès lors les considérer comme un investissement ; iii) ces coûts doivent, par conséquent, être pris en charge par les secteurs concernés ; iv) le secteur public assume ses propres charges qui sont significatives (production des billets et pièces, campagnes d'information, préparation des administrations…).

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