Strasbourg, 17/10/2000 (Agence Europe) - Le Parlement européen, en adoptant lors de sa dernière session plénière le rapport de Roberta Angelilli, élue d'Alleanza Nazionale, sur la communication de la Commission européenne à propos du contrôle parental des émissions télévisées, a invité la Commission à intégrer les données recueillies sur le contrôle parental dans le programme statistique de l'UE sur le secteur audiovisuel, "étant entendu que la collecte de données ne doit pas se limiter à la télévision traditionnelle et doit s'étendre à d'autres supports multimédia". Le Parlement affirme par ailleurs qu'il est "urgent que tous les exploitants du secteur audiovisuel introduisent un code d'autorégulation en matière de protection des mineurs".
Dans son rapport, Mme Angelilli constate que, face à l'"avalanche" de programmes télévisés "néfastes au développement des mineurs", des dispositifs de filtrage existent, mais qu'ils sont peu adaptables au contexte européen, le problème principal est que l'Union est "confrontée à une espèce de puzzle juridique en matière de protection des mineurs dans les médias". Mme Angelilli estime que ses propositions sont dictées par le bon sens et tiennent compte de l'existence de "conceptions juridiques et éthiques différentes dans les Etats membres".
Pendant le débat, il a été beaucoup question de subsidiarité, en particulier du côté de députés allemands, comme la sociale-démocrate Karin Junker: à son avis, il s'agit de questions relevant de la législation des Etats membres, "ce qui n'exclut pas une entente consensuelle sur des valeurs de base, au cours d'un dialogue avec tous les participants au niveau européen". Le Parlement européen "n'évoque à aucun moment une éventuelle harmonisation dans ce domaine", a expliqué la libérale belge Frédérique Ries (journaliste à la télévision avant d'être élue au PE), qui note qu'il s'agit tout au plus d'"une timide convergence", à savoir de la définition, pour la protection de mineurs dans les médias, de "critères communs, et donc nécessairement minima". "Des critères minima, c'est bien le moins que l'Union puisse faire pour protéger ses enfants", a dit Mme Ries.