Bruxelles, 25/09/2000 (Agence Europe) - Il sera beaucoup question de la lutte contre le blanchiment des capitaux au cours des prochains jours et semaines dans les instances du Conseil. Dans la perspective de leur session "jumbo" qui sera consacrée, le 17 octobre prochain à Luxembourg, aux dispositions à prendre pour renforcer la lutte contre la délinquance financière, les ministres de la Justice et leurs homologues des Finances évoqueront cette problématique lors de leurs rencontres respectives et séparées de cette semaine, les premiers se réunissant en Conseil le jeudi 28 septembre, les autres le vendredi 29. Outre la préparation du Conseil Jumbo, les ministres des Finances tenteront également de parvenir à un accord politique sur un renforcement et une extension du champ de la Directive de 1991 relative à la prévention de l'utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux. Pour leur part, les ministres de la Justice discuteront de l'extension éventuelle de la Convention Europol à ce type de délits. Voici une mise en lumière succincte de leurs travaux à venir.
1) Quelles mesures prendre au niveau de l'UE à l'égard des pays et territoires non coopératifs identifiés, à l'OCDE, par le Groupe d'action financière (Gafi) contre le blanchiment des capitaux ? Concrètement, les Quinze seront invités à dire combien de temps ils sont disposés à négocier avec les pays concernés en vue de les amener à respecter des règles moins perméables, et dans quel délai les mesures coercitives que l'UE et les Etats membres pourraient collectivement prendre à leur encontre, en cas d'immobilisme de leur part, seraient mises en oeuvre. EUROPE rappelle que: i) les pays et territoires non coopératifs répertoriés par le Gafi sont Bahamas, îles Caïmans, îles Cook, Dominique, Israël, Liban, Liechtenstein, îles Marshall, Nauru, Niue, Panama, Philippines, Russie, Saint-Christophe-et-Nièves, Saint-Vincent et Grenadines ; ii) les mesures envisagées à leur encontre sont: - obliger les institutions financières des membres du Gafi à porter une attention particulière à toute transaction ayant un lien avec ces pays et territoires (PTNC) ; - obliger ces mêmes institutions à rendre compte systématiquement à l'Unité de renseignement de leurs opérations financières avec les PTNC (à partir d'un certain montant) ; - interdire aux personnes physiques ou morales établies ou enregistrées dans les PTNC d'ouvrir un compte dans un organisme financier d'un pays membre du Gafi si elles ne fournissent pas de document valable permettant à l'institution financière de connaître sans ambiguïté la véritable identité du titulaire et du bénéficiaire du compte ; - le cas échéant et en dernière limite, en cas d'immobilisme total des pays et territoires concernés, assortir de conditions, restreindre, cibler, voire interdire les transactions financières avec les PTNC.
2) Comment aboutir à des normes communes de transparence des structures qui sont utilisées à des fins économiques et/ou patrimoniales, de manière à faciliter la détection des flux financiers suspects et la traçabilité des mouvements financiers liés au blanchiment ?
3) Comment améliorer la coopération judiciaire internationale en matière pénale, afin d'éliminer les obstacles à l'action de la justice et de la police, ce qui présuppose notamment une mise en oeuvre plus efficace des conventions d'entraide judiciaire?
4) Faut-il mettre en place un contrôle des mouvements transfrontaliers d'espèces monétaires ?