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Bulletin Quotidien Europe N° 7806
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/pe/armement

Quatre députés européens se joignent à la Campagne internationale pour interdire les mines et signent "l'appel pour une terre sans mines"

Bruxelles, 25/09/2000 (Agence Europe) - Un mois avant le débat sur les mines antipersonnel qui aura lieu au Parlement européen le 25 octobre prochain, quatre députés européens - Emma Bonino (rapporteur sur les mines antipersonnel), Luisa Morgantini (rapporteur pour avis), Marie-Arlette Carlotti (vice-présidente de l'Assemblée paritaire ACP/UE) et John Corrie (co-président de l'Assemblée paritaire ACP/UE)- ont signé, jeudi à Bruxelles, un appel solennel à une terre sans mines. Ce geste symbolique, qui a eu lieu dans le hall du Parlement en présence de Jody Williams, co-prix Nobel de la Paix 1997 et de victimes de mines de Bosnie, du Cambodge et du Sénégal (Casamance), a été suivi par une conférence organisée conjointement avec la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL). Les quatre parlementaires ont souhaité montrer ainsi que l'Union européenne à un rôle à jouer dans le combat contre les mines, replacer le problème au centre des débats au sein des institutions européennes et examiner les solutions concrètes à apporter, après l'entrée en vigueur du Traité d'interdiction des mines en mars 1999 (la "Convention d'Ottawa": voir plus loin).

Au cours d'une conférence de presse, Steve Goose, de Human Rights Watch a souligné l'effet positif qu'ont eu, sur l'éradication des mines, ce Traité et le contrôle exercé sur les engagements gouvernementaux par la mobilisation générale de la société civile internationale. Citant les principales conclusions du rapport 2000 de l'Observatoire des mines qui fait le bilan de la situation depuis l'entrée en vigueur du Traité, il s'est félicité "de tendances générales très encourageantes", tout en soulignant le chemin encore à parcourir pour endiguer un fléau qui constitue non seulement une menace pour l'intégrité physique des personnes, mais aussi un frein considérable au développement des pays dans lesquels il sévit. Signé par 138 pays et ratifié par 107, le Traité a entraîné une baisse de l'utilisation des mines, une réduction considérable de la production (qui se poursuit dans 16 pays seulement contre 55 précédemment), l'arrêt quasi-total des exportations, la destruction de plus de 22 millions de mines dans les stocks de 50 pays, l'augmentation des fonds alloués aux programmes de déminage et la réduction du nombre de victimes, surtout dans les pays les plus affectés (Afghanistan, Cambodge, Mozambique, Bosnie). Néanmoins, 88 pays demeurent gravement affectés par la prolifération des mines et des engins non explosés, de nouvelles victimes ont été identifiées dans 71 pays (surtout Afghanistan, Cambodge et Birmanie, et dans une moindre mesure Angola, Tchétchénie et Kosovo) dont la majorité n'était pas en situation de guerre, des mines ont été utilisées dans 20 conflits (menés par 11 gouvernements et au moins 30 groupes de rebelles), et des pays signataires du Traité ont, semble-t-il, violé leurs engagements (Angola, Burundi, Soudan).

Richard Lloyd, coordinateur de Landmine Action UK, a insisté sur "la nécessité d'établir la clarté sur ce qui est interdit". Il a déploré à cet égard que les mines anti-véhicules équipées de systèmes anti-manipulation, responsables d'explosion accidentelles, ne soient pas couvertes par le Traité, que la Finlande et la Grèce n'aient pas ratifié le Traité, que d'autres pays n'aient pas encore adopté de législation nationale pour le transposer, et que des opérations conjointes soient possibles entre pays signataires et pays non signataires du Traité, ce qui, selon lui, contredit l'esprit et la lettre du Traité. L'engagement pris par la Commission européenne d'octroyer des fonds pour des opérations de déminage est une bonne chose, mais, à ses yeux, l'Union européenne et les Etats membres devraient faire beaucoup plus. "Il en va de leur responsabilité morale et politique", a-t-il souligné. Sylvie Brigot, de Handicap International, a conclu en lançant un appel à l'Union pour qu'elle se positionne davantage comme un acteur politique plutôt que comme simple contributeur, en œuvrant véritablement à l'universalisation du Traité.

A l'occasion de la Deuxième Conférence, la semaine dernière à Genève, des Etats parties à la Convention d'Ottawa, le Commissaire aux relations extérieures Chris Patten a publié une brochure sur "La réponse de l'Union européenne au défi des mines antipersonnel". Un communiqué rappelle que l'UE a été en 1999, avec 103 millions d'euros, le principal contributeur mondial à la lutte contre les mines antipersonnel, et que la Commission a en particulier: - proposé un règlement-cadre visant à assurer la cohérence de l'action de l'UE dans ce domaine, actuellement en discussion au Conseil ; - approuvé le 14 mars une communication sur l'action contre les mines antipersonnel.

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