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Bulletin Quotidien Europe N° 7800
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/ukraine

Au Sommet de Paris, l'UE a reconnu le caractère européen de l'Ukraine - Engagements confirmés à propos de Tchernobyl, renforcement du soutien économique, juridique et commercial

Paris, 15/09/2000 (Agence Europe) - "Plus que jamais nous souhaitons voir l'Ukraine se rapprocher de l'UE. Car l'Ukraine, c'est l'Europe, de par sa géographie, sa culture et sa capacité d'apporter une contribution importante à la stabilité et la sécurité sur l'ensemble du continent européen", a commenté devant la presse le président français Jacques Chirac (dans sa capacité de président du Conseil européen) à l'issue du troisième Sommet UE/Ukraine qui s'est tenu vendredi à l'Elysée. L'UE est prête à s'engager dans une coopération renforcée avec l'Ukraine dans tous les domaines, notamment à travers une mise en oeuvre ambitieuse de l'Accord de Partenariat et de Coopération (APC) et de la stratégie commune de l'UE en faveur de l'Ukraine adoptée lors du Sommet de Helsinki en décembre 1998.

Le président ukrainien, Leonid Koutchma, a insisté, lui aussi, sur l'importance de ces deux instruments pour une intensification immédiate de relations avec les Quinze, mais il a aussi -et surtout- réitéré que l'objectif stratégique à long terme de son pays est l'adhésion à l'Union européenne. Lors des élections de 1999, le peule ukrainien, "à une majorité écrasante, a fait le choix européen", a dit M.Koutchma. "Il n'y a pas d'alternative à la voie européenne, il n'y a pas d'autre chemin à prendre" pour son pays, a-t-il dit. Le président ukrainien n'a cependant pas exclu que l'Ukraine intensifie aussi ses relations avec la Russie ("un partenaire stratégique") ainsi qu'avec les autres pays de la Communauté des Etats Indépendants (CEI) de l'ancienne URSS. Le président Chirac et le président de la Commission européenne, Romano Prodi, ont tous les deux affirmé qu'ils se félicitent de l'orientation européenne de l'Ukraine, mais qu'il était encore prématuré de parler d'une adhésion à l'UE. "Il faut y aller pas par pas", a dit M.Chirac.

La coopération renforcée souhaitée par l'UE et l'UKraine couvre aussi la politique de défense et de sécurité commune. M.Koutchma a réitéré devant la presse l'intérêt de son pays à approfondir la consultation et la coopération dans ce domaine, et il a d'ailleurs soumis à la délégation de l'UE "des propositions de premières mesures à prendre", a-t-il dit. Javier Solana, Haut représentant de l'UE pour la politique extérieure (qui a également participé au Sommet), a confirmé l'existence de telles propositions qu'il a promis d'examiner en détail, en vue d'en discuter au cours d'une visite qu'il entend bientôt faire à Kiev.

La fermeture prochaine de la centrale nucléaire de Tchenobyl a été, comme prévu, l'un des sujets centraux du Sommet. M.Koutchma a réitéré que la centrale sera bel et bien fermée le 15 décembre prochain ("un événement historique"), mais il a aussi insisté sur les engagements que les pays du G-7 ont souscrit en ce qui concerne le co-financement des deux centrales nucléaires alternatives. Le communiqué conjoint adopté à l'issue du Sommet indique que l'UE "poursuivra à soutenir l'Ukraine dans le financement de capacités alernatives". Des sources communautaires ont indiqué qu'une décision de la BERD en faveur du co-financement pourait être prise en novembre et qu'ensuite, la Commission débloquera un prêt Euratom.

En ce qui concerne la situation économique difficile de l'Ukraine, les Quinze ont "encouragé" les autorités ukrainiennes à poursuivre les réformes et à prendre des mesures supplémentaires, "notamment dans les domaines fiscal, du commerce, de l'énergie, de l'agriculture et de la privatisation", est-il indiqué dans le communiqué conjoint. "De tels progrès permettraient aussi au Fonds Monétaire International (FMI) de reprendre ses prêts". L'UE, pour sa part, est prête à soutenir l'Ukraine dans ses réformes, notamment par le biais de l'assistance technique fournie à travers le programme Tacis ainsi que, une fois que le FMI aura repris ses financements, aussi par une nouvelle aide macro-économique, lit-on dans le communiqué conjoint.

A propos de l'élargissement de l'UE à l'Europe centrale et orientale, le président Koutchma a explicitement souligné la position favorable de son pays. "Nous soutenons l'actuel approfondissement et l'élargissement de l'UE, car ils contribueront à la stabilité en Europe, y compris en Ukraine", a dit le président ukrainien. Mais, a souligné M.Koutchma, "l'élargissement de l'UE doit prendre en compte nos intérêts" et elle ne doit mener à de "nouvelles fractures" en Europe. Le président de la Commission européenne, M.Prodi, a souligné que l'UE et la Commission étaient prêtes à discuter avec l'Ukraine de l'impact politique et aussi commercial, et économique de l'élargissement. Cette consultation aura lieu dans les enceintes et structures créées par l'Accord de Partenariat et de Coopération (APC), à l'instar de ce qui se fait déjà avec la Russie, a dit M.Prodi.

Une adhésion rapide de l'Ukraine à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), que l'UE souhaite et qu'elle est prête à soutenir (notamment à travers une assistance technique), permettrait à l'Ukraine de bénéficier pleinement des opportunités économiques et commerciales qui seront ouvertes par l'élargissement de l'UE à l'Est, lit-on dans le communiqué final. Une évolution économique favorable de l'Ukraine sur ces bases (et notamment suite à une adhésion à l'OMC) pourrait aussi ouvrir la porte à des consultations entre l'UE et l'Ukraine sur la possibilité d'établir une zone de libre-échange (de telles consultations sont prévues par l'APC). Le président Koutchma s'est dit confiant qu'avec l'aide de l'UE, son pays pourrait être en mesure de joindre l'OMC dans le courant de 2001.

Dans le domaine commercial, les deux parties ont réitéré leur volonté de resoudre le plus rapidement possible les disputes existantes. L'UE a annoncé qu'elle "considère" de biffer l'Ukraine de la liste des pays tiers considérés comme étant encore des pays à économie d'Etat ("non-market economy") dans le cadre des procédures antidumping (comme l'UE l'a déjà fait pour la Russie et la Chine).

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