Bruxelles, 02/02/2000 (Agence Europe) - Le ministre portugais de l'Agriculture Manuel Capoulas Santos a présenté, mardi à Bruxelles, les résultats du dernier Conseil "Agriculture" (voir EUROPE du 26 janvier, p. 12) à la commission de l'Agriculture du Parlement européen. Il a insisté sur la volonté de la Présidence portugaise d'inscrire l'agriculture dans l'optique du développement durable et d'avancer rapidement sur le dossier de la traçabilité et de l'étiquetage de la viande bovine. Il a indiqué que la présidence espère aussi pouvoir régler les dossiers relatifs aux bananes, au coton et au lin ainsi que celui des fruits et légumes. Il s'est prononcé pour l'adoption d'un instrument contraignant dans le cadre des négociations internationales sur la forêt. Il a ensuite répondu à des questions des députés concernant:
1) le riz: la présidence attend une proposition de la Commission pour le mois d'avril, a indiqué M. Capoulas en rappelant que le prix de marché demeure inférieur au prix d'intervention et que l'Union européenne importe environ 500 000 tonnes de riz alors qu'une quantité équivalente se déteriore dans ses entrepôts. Il a promis que la présidence lancera les discussions dès qu'elle aura reçu la proposition de la Commission.
2) les bananes: "Il est indispensable de trouver rapidement une solution", a dit M. Capoulas en indiquant que des discussions techniques ont eu lieu le 28 janvier et que la présidence à l'intention d'inscrire ce sujet à l'ordre du jour de la réunion du Conseil des 20 et 21 mars. "Nous sommes convaincus de la nécessité de maintenir les contingents pour protéger la production communautaire", a-t-il ajouté en excluant une solution exclusivement tarifaire.
3) la stratégie forestière: la présidence est particulièrement sensible à cette question et poursuivra les travaux entamés sous présidence finlandaise, a dit M. Capoulas en affirmant que "tout sera fait pour permettre à l'UE d'adopter une stratégie commune" lors des réunions internationales. Il a aussi indiqué qu'il n'y a pas eu de majorité au comité spécial de l'agriculture pour une augmentation des ressources financières destinées aux questions forestières. La présidence attend dès lors avec impatience les résultats de la première lecture au Parlement européen (qui dispose en la matière du pouvoir de codécision).
4) l'extension du pouvoir de codécision du PE à l'agriculture: à titre personnel, M. Capoulas s'est dit convaincu que l'extension du pouvoir de codécision parlementaire à l'ensemble des questions agricoles "peut faire avancer positivement la politique agricole commune". En rappelant qu'il avait fait toute sa carrière politique au sein du Parlement, il s'est engagé à défendre cette idée.
5) les négociations de l'OMC: "Dans le document de Seattle, on a supprimé le mot multifonctionnelle mais pas l'idée qui reste sous-jacente". De toute façon, l'adoption du document a échoué comme la réunion de Seattle elle-même" et "nous avons donc toute latitude pour réintroduire ce concept", a affirmé le ministre portugais.
6) la sécurité alimentaire: "La sécurité alimentaire est l'une des toutes premières priorités de la présidence", a affirmé M. Capoulas en estimant que "la consécration du principe de précaution au niveau international", lors de la réunion de Montréal sur la biosécurité (24-29 janvier), est "une victoire historique pour l'UE". Reconnaissant toutefois qu'en matière d'étiquetage, "les conclusions de Montréal ne vont pas aussi loin que nous l'aurions souhaité"; il faut continuer à discuter au niveau mondial pour obtenir des règles contraignantes.
7) les huiles: "Je défends la sécurité maximale pour les consommateurs. Cela vaut aussi pour l'huile d'olive et son étiquetage", a dit M. Capoulas en affirmant que les consommateurs doivent pouvoir disposer de toutes les informations utiles. Et d'affirmer que si la Commission présente une proposition pour l'étiquetage de l'huile d'olive, "nous serons très intéressés".
8) le modèle européen d'agriculture: M. Capoulas a plaidé pour un renforcement du développement rural qui permet le maintien de la diversité agricole en Europe. "Je regrette que la réforme de la Pac soit restée trop timide sur ce pilier qui devra prendre de plus en plus d'importance", a-t-il ajouté.
9) les tomates marocaines: M. Capoulas a rappelé que, lors du dernier Conseil "Agriculture", le Commissaire Fischler a donné des garanties sur des contrôles efficaces des importations à l'avenir. Et de préciser que, pour ce faire, le Commissaire a fait appel aux autorités des Etats membres les plus concernés (il a cité la France).
10) les dénominations d'origine et l'accord avec l'Afrique du Sud: l'accord donne des délais aux Sud-africains, a rappelé le ministre portugais en soulignant que certains Etats membres n'ont pas encore exprimé l'intention de ratifier cet accord dont toutefois la mise en oeuvre, à son avis, n'est pas remise en cause. M. Capoulas a estimé qu'il faudra assurer un suivi rigoureux de l'application de l'accord par les autorités sud-africaines.
11) l'élargissement: pour les six premiers pays candidats, la négociation agricole commencera sous présidence portugaise, a dit M. Capoulas qui redoute "d'énormes difficultés sur ce dossier, compte tenu de la structure agricole de certains pays, Pologne en tête". Il a insisté sur la nécessité d'aborder ces négociations avec un souci de solidarité mais sans perdre de vue l'équilibre nécessaire au maintien des productions des Etats membres de l'UE.
12) la santé animale: "Nous voulons que l'UE dispose d'un mandat clair pour la réunion annuelle de l'Organisation internationale des Epizooties qui doit se tenir en mars prochain", a dit M. Capoulas qui a aussi insisté sur la nécessité pour le Conseil de parvenir à un accord sur le caractère obligatoire du retrait des matériels à risque dans le contexte de l'ESB. Il s'est aussi prononcé pour le maintien de l'interdiction des hormones.