Bruxelles, 02/02/2000 (Agence Europe) - Tout en se déclarant "conscient qu'il existe des questions plus importantes aujourd'hui", le commissaire Pedro Solbes a présenté à la presse, ce mercredi, la Communication adoptée le jour même par la Commission européenne (à son initiative et à celle de Viviane Reding, responsable de l'éducation et de la culture) pour lancer la dernière phase de la campagne de communication pour l'euro d'ici à 2002. A la lumière d'un bilan de la manière dont la monnaie unique est perçue jusqu'à présent, la Commission a jugé opportun de réorienter ses efforts (qui relèvent essentiellement de la coordination, le principe de subsidiarité s'appliquant pleinement en la matière) vers trois cibles précises:
- petites et moyennes entreprises. La Commission "n'est pas satisfaite de leur préparation", a affirmé M. Solbes en indiquant que nombre d'entre elles n'avaient pas encore remarqué qu'il leur faudrait bientôt travailler en euros et qu'il importait, dès lors, de "lancer un processus de prise de conscience". Résolue à faire comprendre aux PME que "l'euro est un élément indispensable qui permettra à leurs clients de faire des comparaisons", la Commission fixe comme objectifs: i) de veiller à ce que toutes les entreprises et les cabinets de consultants comprennent qu'ils ne pourront pas continuer à utiliser les anciennes unités monétaires nationales dans leur comptabilité après l'expiration de la période transitoire, le 31 décembre 2001 ; ii) de toutes les persuader, jusqu'au plus petit artisan ou commerçant, qu'elles doivent: - s'être fixé une date à laquelle elles seront en mesure d'effectuer des transactions en euros et de basculer leur comptabilité interne vers la nouvelle monnaie; - avoir un plan pour le basculement (qui prévoie les tâches à effectuer, et à quel moment) ; - disposer des ressources -humaines, financières et autres- nécessaires pour mener à bien ce plan ;
- grand public. L'année dernière a été marquée par un "certain déclin de l'intérêt de l'opinion publique" pour l'euro, raison pour laquelle "il faut redoubler d'efforts". L'objectif de la Commission est donc que, d'ici au 1er janvier 2002, tous les citoyens de la zone euro: - connaissent le taux de conversion de leur propre monnaie et sachent que ce taux est absolument irrévocable ; - comprennent les prix et les valeurs exprimés en euros ; - comprennent les implications pratiques pour leurs salaires, pensions et autres revenus ; - soient familiarisés avec l'aspect et le toucher des nouveaux billets et pièces ; - comprennent les avantages de la monnaie unique. En outre, la Commission mettra au point des stratégies visant à atteindre les groupes de personnes qui n'ont pas facilement accès aux flux d'informations traditionnels et au matériel d'information rédigé dans un "langage euro" parfois peut être malaisé à comprendre ;
- pays non-membres de la zone euro. "Le programme de la Commission s'adresse aux quinze Etats membres et sa mise en oeuvre doit s'appuyer sur des accords bilatéraux à conclure avec les Etats membres de la zone euro", a indiqué M. Solbes en précisant que des "contacts assez avancés" avaient été noués avec la Grèce et la Suède. "Aucune campagne n'est actuellement prévue pour le Danemark et le Royaume-Uni", a-t-il précisé en affirmant que la Commission serait prête à en lancer dans ces pays si leurs gouvernements marquaient leur accord ("S'ils décident de participer, l'argent ne sera pas un problème", a-t-il ajouté).
Sur le plan de la programmation de la campagne, le commissaire Solbes a indiqué qu'une attention particulière serait consacrée, en 2000, aux "éléments qui auront une incidence sur le fonctionnement des PME". En 2001, l'accent sera mis sur le grand public et ses composantes les plus vulnérables. Pour la Commission, l'ensemble de la campagne devra se poursuivre au cours des premiers mois de 2002, durant la période de double circulation, et peut-être même au-delà. Elle sera adaptée à la lumière d'un suivi régulier de l'évolution des mentalités, la Commission entendant procéder à des sondages réguliers. Alors que 115 millions d'euros ont déjà été engagés depuis 1996 dans la campagne "L'euro, une monnaie pour l'Europe", la Commission y consacrera 32 millions supplémentaires en 2000; elle a l'intention de demander à l'autorité budgétaire un financement complémentaire en 2001 et 2002.
A la question de savoir si l'euro ne serait pas plus apprécié s'il était moins déprécié par rapport au dollar, M. Solbes a indiqué qu'il s'agissait de deux problèmes différents, tout en se déclarant "convaincu" que la monnaie unique serait "beaucoup plus élevée en 2002 qu'aujourd'hui".