Bruxelles, 02/02/2000 (Agence Europe) - La Fédération internationale de l'Automobile (FIA) poursuit par médias interposés sa bataille avec les services européens de la concurrence concernant l'organisation des courses automobiles de "Formule Un" et leur retransmission télévisée. Après avoir obtenu en juillet dernier des excuses de la Commission pour avoir fait des déclarations prématurées (voir EUROPE du 28 juillet 1999, p. 11), la FIA a diffusé mardi à la presse sa réponse aux griefs présentés en juin par la Commission européenne (voir EUROPE du 1er juillet 1999, p. 6). Elle demande en outre à la Commission de pouvoir présenter publiquement cette réponse, lors de l'audition des parties qui devrait avoir lieu en avril.
Sur le fond, la FIA rejette les accusations de la Commission, qui craint que la Fédération n'abuse de son pouvoir pour écarter du marché des courses concurrentes et pour conquérir des droits exclusifs de retransmissions télévisées. La FIA prend pour preuve de son innocence le fait que non seulement aucun de ses membres n'a porté plainte mais qu'en plus les accords régissant la "Formule Un" ont été renégociés en 1998 "à la satisfaction de toutes les parties concernées". Elle estime que les accusations de la Commission se fondent sur une méconnaissance totale du monde des courses automobiles.
Sur la forme, la FIA estime que le texte de 108 pages de griefs de la Commission "est si embrouillé et décousu qu'il s'avère oppressif pour le défendeur". En outre, il ne parvient ni "à définir un quelconque marché" ni à démontrer que la FIA "détient une quelconque forme de domination économique", note le président de la FIA, Max Mosley, dans une lettre au commissaire à la Concurrence, Mario Monti.
Renvoyant la balle dans le camp de la Commission, le président de la FIA met en avant les carences de la procédure, notamment: a) la diffusion de documents confidentiels à la presse; b) une intervention publique de l'ancien commissaire à la concurrence Karel Van Miert, affirmant que le cas représente une "infraction sérieuse"; c) l'intervention d'un directeur de la Commission pour qu'un ancien plaignant dans cette affaire puisse participer aux réunions de la FIA. N'allant pas par quatre chemins, le président de la FIA demande au commissaire Monti de remplacer tous les fonctionnaires de la direction générale de la Concurrence qui ont traité le dossier FIA, par des fonctionnaires du service juridique, et d'ordonner que la FIA ait accès à tous les dossiers la concernant.