Les ministres européens de la Pêche ont demandé lundi 22 juin à Luxembourg à la Commission européenne de modifier certaines règles de la politique commune de la pêche (PCP) afin de faciliter la modernisation des flottes et de corriger certaines mesures, notamment les règles relatives à l’obligation de débarquement.
Cette discussion faisait suite à l’évaluation de la PCP présentée par la Commission européenne ainsi qu’au débat des ministres déjà organisé en mai lors d’une réunion informelle à Chypre (EUROPE 13862/13).
Le ministre espagnol, Luis Planas, a insisté sur la nécessité de compléter le succès environnemental de la PCP par un succès économique et social. Pour l’Espagne, la rentabilité doit devenir un principe directeur de la future PCP, au même niveau que la conservation des ressources. Il a critiqué certaines règles actuelles, jugées obsolètes, qui freinent la modernisation de la flotte et la transition énergétique. Il a notamment remis en cause les concepts traditionnels de tonnage et de puissance moteur et appelé à leur révision, y compris dans le cadre du paquet de simplification.
Plusieurs États membres, dont la Belgique, l’Italie et les Pays-Bas, ont dénoncé un cadre devenu trop complexe et difficile à mettre en œuvre.
Plusieurs délégations, dont la France, le Danemark et la Finlande, ont insisté sur le renforcement de l’approche écosystémique et sur la nécessité de mieux intégrer les effets du changement climatique, de la pollution et des pressions externes sur les stocks halieutiques.
La Finlande et la Suède ont également appelé à mieux prendre en compte le rôle des prédateurs. La Pologne a réclamé une révision du plan de gestion en Baltique.
Le commissaire européen à la Pêche, Costas Kadis, a reconnu la nécessité de réfléchir à un « meilleur soutien à la modernisation des flottes », à leur transition énergétique, au renouvellement générationnel ainsi qu’à la pêche artisanale.
Plusieurs ministres ont également appelé à développer les totaux admissibles de captures pluriannuels. Ceux-ci sont déjà en place pour environ la moitié des stocks atlantiques gérés par l’UE, a rappelé le commissaire, qui a indiqué que leur extension serait examinée.
« Bien entendu, tout ne nécessite pas une modification législative et tous les problèmes ne peuvent être résolus par un changement de la législation. Beaucoup peut être accompli dans le cadre existant », a conclu M. Kadis. (Lionel Changeur)