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Bulletin Quotidien Europe N° 13893
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

La Commission européenne dévoile le 1er juillet sa stratégie pour un élevage résilient, compétitif et durable

La Commission européenne devrait adopter, le 1er juillet, une stratégie ambitieuse visant à transformer le secteur de l’élevage en Europe (EUROPE 13861/9).

L’élevage représente près de 40% de la valeur ajoutée agricole de l’UE (7 millions d’emplois). Pourtant, le secteur traverse une période difficile, selon un projet de communication consulté par Agence Europe, qui pointe le déclin des cheptels, la dépendance accrue à l'égard des importations et une concurrence jugée déloyale. À cela s’ajoutent de lourds enjeux environnementaux : l’élevage est responsable de 8% des émissions de gaz à effet de serre de l’UE (soit 66% des émissions agricoles) et exerce une pression significative sur la qualité de l’eau et la biodiversité.

La Commission propose une feuille de route structurée autour de cinq axes.

Résilience. La Commission mise sur le développement d’outils de gestion des risques (assurance climatique, fonds mutuels, mécanismes de stabilisation des revenus) ainsi que sur la création d’un instrument financier dédié en coopération avec la Banque européenne d’investissement (BEI) afin de soutenir la réassurance et les investissements dans la prévention. Les investissements dans des races plus résistantes sont envisagés, de même que les énergies renouvelables à la ferme, comme le biogaz ou les panneaux solaires.

Compétitivité. Selon la Commission, le secteur aurait besoin de 18 milliards d’euros pour moderniser ses infrastructures et se conformer aux nouvelles normes. Pour y parvenir, elle propose la mobilisation de fonds publics et privés, le renforcement de la position des éleveurs dans la chaîne de valeur (révision de la directive sur les pratiques commerciales déloyales), la diversification des débouchés (Asie et en Afrique) ainsi que la création d’un label volontaire d’« excellence européenne » destiné à valoriser les normes élevées de l’UE.

Durabilité. La stratégie fixe un objectif de réduction de 16% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040 par rapport à 2025 grâce à une réduction des émissions de méthane, une gestion plus circulaire des nutriments et un renforcement du bien-être animal. Sont notamment évoquées l’interdiction progressive des cages pour les poules pondeuses et les truies, la fin de l’abattage des poussins mâles grâce au sexage in ovo ainsi que l’exigence d’une équivalence des normes pour les produits importés.

Territorialité. Jusqu’à 11% des terres agricoles de l’UE pourraient être abandonnées d’ici 2030, un phénomène particulièrement marqué dans les zones montagneuses. La Commission prévoit : - un soutien ciblé aux régions vulnérables, grâce à des aides couplées dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) post-2027 pour les zones défavorisées ; - un accès facilité à la terre pour les jeunes agriculteurs ; - le développement de filières locales intégrées (abattoirs mobiles et unités de transformation décentralisées) ; - des investissements visant à renforcer l’attractivité des zones rurales.

Excellence. Enfin, la Commission met en avant des outils de communication et d’étiquetage, avec notamment une indication obligatoire de l’origine UE pour les viandes, des campagnes de promotion et la reconnaissance des systèmes territoriaux, à travers le soutien aux AOP/IGP et aux marques collectives (comme la viande de pâturage des Alpes). (Lionel Changeur) 

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