Quelques jours après l’annonce de la rupture des relations d’Israël avec la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas (EUROPE 13891/30), la commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, s’est rendue, lundi 22 juin, à Tel-Aviv, pour réitérer, l’importance des relations entre l’UE et l’État hébreu.
Selon la Commission européenne, le voyage était prévu de longue date.
Israël est « un de nos partenaires clés. Nous entretenons des liens étroits et partageons un intérêt commun pour un Moyen-Orient stable et sûr », a souligné Dubravka Šuica, lors d’une session avec le ministre des Affaires étrangères israélien, Gideon Saar. La commissaire a rappelé que les « partenariats (exigeaient) un dialogue ouvert et honnête ».
Elle a ainsi rappelé à la partie israélienne les positions de l’UE. Ainsi, si l’UE « soutient pleinement le droit d'Israël à la sécurité », avec la nécessité de désarmer le Hamas, Dubravka Šuica a estimé que la situation à Gaza demeurait « profondément préoccupante ». Elle a appelé à la distribution de l’aide humanitaire à plus grande échelle et souligné que les conditions et l'accès nécessaires à un redressement rapide devaient être réunis.
De même, alors qu’Israël retient les recettes fiscales et douanières de l’Autorité palestinienne, la commissaire a rappelé qu’une Autorité palestinienne financièrement viable et réformée était essentielle à la stabilité et à la sécurité régionales.
« Une paix durable nécessite un horizon politique, pas une isolation économique », a prévenu la commissaire.
Enfin, Dubravka Šuica a rappelé les préoccupations européennes concernant la détérioration de la situation dans les colonies illégales de Cisjordanie. Elle n’a pas mentionné la demande des États membres à la Commission européenne de préparer des options concernant le commerce de l’UE avec les colonies (EUROPE 13892/2).
Dans une lettre ouverte, plusieurs ONG dont Human Rights Watch, Amnesty International et Oxfam demandent à la Commission européenne d'agir pour bannir les importations dans l'UE des produits issus des colonies israéliennes, en accord avec la jurisprudence de la Cour internationale de justice (proposition à baser sur l'article 207 du traité TFUE). Elles notent qu'Israël compense financièrement les entreprises israéliennes des territoires palestiniens occupés pour les surcoûts liés à leur non-inclusion dans l'accord commercial UE/Israël. Une augmentation des tarifs douaniers liés à cet accord aurait donc un important limité sur le commerce lié aux colonies illégales.
Voir la lettre des ONG : https://aeur.eu/f/mhm (Camille-Cerise Gessant avec Mathieu Bion)