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Bulletin Quotidien Europe N° 13893
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

La Commission européenne présentera un plan ambitieux dans le domaine des protéines végétales

La Commission européenne devrait présenter le 1er juillet un plan ambitieux visant à renforcer la résilience et l’autonomie stratégique de l’Union dans le domaine des protéines végétales.

Selon un projet de communication obtenu par Agence Europe, la Commission propose d’inciter les agriculteurs à cultiver davantage de légumineuses, soja, colza et tournesol, grâce à des aides financières et à des outils de gestion des risques intégrés dans la future politique agricole commune (PAC) post-2027.

Parmi les leviers envisagés figurent des paiements de transition destinés à couvrir les coûts liés à l’adoption de nouvelles cultures (machinerie, formation, pertes temporaires de rentabilité), un soutien renforcé grâce à des aides couplées et les mesures agroenvironnementales et climatiques pour les cultures riches en protéines ainsi que le développement de variétés adaptées au changement climatique, notamment résistantes à la sécheresse et aux maladies.

Objectif : porter la part des protéines issues de l’UE utilisées dans l’alimentation animale de 25% en 2025 à 35% en 2035. La Commission entend ainsi réduire la dépendance à l'égard des importations de soja et de tourteaux. L’UE importe actuellement 13,9 millions de tonnes de protéines végétales par an, principalement sous forme de soja et de tourteaux, en provenance du Brésil (4,63 Mt), de l’Argentine (3,21 Mt) et des États-Unis (1,96 Mt).

Pour limiter cette dépendance, plusieurs pistes sont avancées : - diversification des sources : renforcer les partenariats avec l’Ukraine, dont la production de protéines végétales (13,5 Mt) pourrait réduire le déficit européen de 13,9 Mt à 4,7 Mt en cas d’adhésion du pays à l’UE ; - alignement des normes : exiger que les produits importés respectent les normes environnementales et sanitaires européennes, notamment avec le règlement sur la déforestation importée (EUDR) et une révision des règles sur les pesticides ; - soutien à la production locale de compléments alimentaires : étude sur les dépendances à l'égard des vitamines et acides aminés (actuellement importés à 90% d’Asie), avec des projets de relocalisation au moyen du Fonds européen pour la compétitivité (ECF).

La Commission souhaite également optimiser l’alimentation animale et mieux valoriser les coproduits. Elle propose notamment de promouvoir les aliments locaux (contrats entre agriculteurs et industriels pour sécuriser les débouchés, labels volontaires certifiant l’utilisation de fourrages non-OGM). La valorisation des coproduits serait également encouragée : les tourteaux de colza et de tournesol issus de la production de biocarburants représentent déjà 47% des tourteaux oléagineux utilisés en alimentation animale et leur utilisation devrait permettre de réduire les émissions de CO2 liées aux importations de soja.

Le plan prévoit aussi des campagnes de promotion mettant en avant les légumineuses (lentilles, pois chiches). Dans les cantines scolaires, l’objectif serait d’intégrer davantage de protéines végétales dans les menus.

L’idée d’un levier fiscal est également évoquée afin d’encourager les États membres à appliquer des taux de TVA réduits sur les produits riches en protéines végétales. La Commission suggère par ailleurs de prioriser les produits locaux et protéinés dans les marchés publics.

En matière d’innovation, de nouveaux financements sont envisagés pour les protéines alternatives (fermentation, algues, insectes), les technologies de valorisation des déchets agricoles (extraction de protéines à partir de l’herbe) et la bioéconomie.

Projet de communication: https://aeur.eu/f/mhd  (Lionel Changeur) 

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