Onze associations européennes de radiodiffusion demandent de désigner les principaux systèmes d'exploitation de téléviseurs connectés ('TV OS') et assistants virtuels comme des 'contrôleurs d'accès' ('gatekeepers') dans le règlement 'DMA' (2022/1925) encadrant les marchés numériques, dans une lettre adressée à la Commission européenne lundi 23 mars.
Une telle requête est basée sur le constat que ces prestataires de services jouent un rôle croissant dans la mise en relation des créateurs de contenus audiovisuels avec les utilisateurs finaux. Entre 2019 et 2024, la part de marché d'Android TV est passée « de 16 à 23% », notent les associations européennes.
Or, soulignent-elles, les systèmes 'TV OS' pourraient être incités à retenir les utilisateurs au sein de leurs propres écosystèmes et désavantager certaines formes de coopération entre radiodiffuseurs.
Quant aux assistants virtuels, le développement rapide de ce phénomène en lien avec l'intégration des systèmes d'intelligence artificielle sous forme de 'chatbots', crée un « vide réglementaire », avertissent les radiodiffuseurs européens, vide qui permettrait aux assistants virtuels de devenir de facto des contrôleurs d'accès à des contenus médiatiques à travers les téléphones portables, les enceintes intelligentes et les services d'informations et de divertissement embarqués.
Si aucun des systèmes d'exploitation de téléviseurs connectés et assistants virtuels ne satisfait aux seuils quantitatifs inscrits dans le règlement 'DMA', les onze associations souhaitent que la Commission ouvre une enquête de marché sur la base des seuils qualitatifs. Et elles demandent que soit réexaminée la définition d''utilisateurs professionnels' aux fins de la désignation des assistants virtuels comme 'gatekeepers', dans le cadre de la révision en cours du règlement 'DMA'.
Voir la lettre des radiodiffuseurs européens : https://aeur.eu/f/lb1 (Mathieu Bion)