La pression sur la sécurité d’approvisionnement énergétique se fait de plus en plus importante depuis le début du conflit au Moyen-Orient et les attaques sur plusieurs installations pétrogazières dans la région, notamment au Qatar.
La Commission européenne a donc officiellement confirmé, lundi 23 mars, qu’elle avait appelé les États membres à entamer la saison de remplissage des réservoirs de gaz et les préparatifs « de manière coordonnée » en s'adaptant aux conditions du marché et en faisant preuve de « flexibilité ».
Ainsi, le règlement européen sur le stockage du gaz, amendé l’année dernière, permet notamment aux pays de l'UE de réduire l’objectif habituel de remplissage de 90 à 80% « en cas de conditions de marché défavorables » ou de parvenir à cette cible sur un temps plus long, sous certaines conditions (EUROPE 13684/34).
Alors que l’UE termine sa saison de chauffage avec des stocks en dessous de la moyenne (environ 28%, contre presque 34% l’année dernière), le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, estime qu’entamer les injections dans les stocks le plus tôt possible permettrait de « bénéficier d'une période d'injection plus longue et de s'adapter aux conditions du marché afin d'atténuer la pression sur les prix et d'éviter la ruée de fin d'été ».
Même si les importations de GNL qatari ne représentaient que 3,8% des importations de gaz dans l’UE, un arrêt forcé de la production déstabilise les marchés. Cela, d’autant plus quand on sait que l’UE doit se défaire de la totalité de ses importations restantes de gaz russe (13,1%) d’ici fin 2027, selon le règlement REPowerEU.
En outre, l’Europe doit faire face à une compétition accrue avec les acheteurs asiatiques, qui sont les plus durement impactés par les perturbations au Moyen-Orient et le blocage des cargaisons dans le détroit d’Ormuz.
Une porte-parole de la Commission européenne a rappelé ce lundi que l'UE n'était actuellement pas confrontée à un risque de sécurité d'approvisionnement et était « préparée depuis la crise de 2022 », avec une diversification de ses sources d'approvisionnement en gaz (notamment en provenance de Norvège et des États-Unis).
Une nouvelle réunion de coordination du groupe ad hoc sur le gaz se tiendra ce jeudi. (Pauline Denys)