Soulignant la détérioration du contexte géopolitique, les députés européens ont estimé, mercredi 21 janvier, que la stratégie de sécurité nationale des États-Unis, présentée en décembre 2025, renforçait encore l’impératif pour l’Europe d’assumer d’urgence la responsabilité de sa propre sécurité.
Dans le rapport 2025 sur la mise en œuvre de la Politique de sécurité et de défense commune de Thijs Reuten (S&D, néerlandais), qu’ils ont adopté par 395 votes pour, 197 contre et 70 abstentions, les eurodéputés reconnaissent le rôle crucial de l’OTAN dans la défense collective de l’Europe, mais mettent en garde, notamment, contre les risques que posent « l’imprévisibilité, l’isolationnisme et l’égocentrisme myopes toujours plus marqués » de la politique étrangère américaine.
Ils soulignent cependant que les États-Unis restent « jusqu'à présent » « l’allié stratégique le plus important » de l’Union.
Ainsi, malgré les difficiles relations actuelles, le PE souligne qu’il faut encourager le dialogue et une coopération étroite entre l’Union et les États-Unis.
Concernant le Groenland, il se dit préoccupé par l’ingérence de pays tiers ainsi que par les menaces explicites du gouvernement des États-Unis contre la souveraineté du territoire.
Au-delà de la relation avec les États-Unis, le Parlement européen plaide pour le développement des partenariats en matière de sécurité et de défense.
Le PE insiste aussi sur la nécessité d’augmenter les dépenses de défense de manière coordonnée et de renforcer les propres capacités et leur préparation en matière de défense « dans le but de garantir l’autonomie stratégique ». Selon les députés, il faudrait mettre en commun une partie des budgets de défense nationaux au niveau de l’Union afin de créer des économies d’échelle et d’investir dans des capacités utilisées pour la défense collective.
Sans aller jusqu’à une armée européenne, le PE propose que la capacité de déploiement rapide de l’Union devienne une force multinationale susceptible d’être élargie à une force plus importante, dépassant les 60 000 militaires.
Au-delà des aspects de défense pure, les eurodéputés invitent au renforcement des missions et opérations civiles et militaires de la PSDC au moyen de mandats « solides, flexibles, évolutifs et modulaires », et qu'elles soient dotées des ressources, financements et effectifs adéquats.
Le rapport fait aussi la part belle à la situation en Ukraine, apportant tout son soutien au pays, mais aussi aux pays touchés par des actions hybrides russes.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/kbu (Camille-Cerise Gessant)