Les députés européens ont appelé l'Union européenne, mercredi 21 janvier, à répondre « fermement, collectivement, de manière décisive et à résister » à toute action coercitive, dénonçant les menaces américaines concernant le Groenland (EUROPE 13791/1).
En adoptant un amendement oral du groupe Renew Europe au rapport de 2025 sur la mise en œuvre de la Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de David McAllister (PPE, allemand) (adopté par 392 voix pour, 179 contre et 83 abstentions), les députés rappellent que l'utilisation de menaces commerciales et d'intimidations économiques contre le Danemark et d'autres États membres est incompatible avec le droit international et les principes fondamentaux de coopération entre les alliés de l'OTAN. Ils soulignent aussi que le Groenland ne doit pas être utilisé comme un outil pour diviser l'UE.
Au-delà du Groenland, les députés européens estiment que « pour rester influente sur la scène internationale, l’Union doit mener une politique étrangère déterminée, disciplinée et ferme, qui réponde à ses propres objectifs stratégiques, et continuer à définir, à faire valoir et à défendre ses intérêts à l’échelle mondiale ».
La visibilité mondiale et l'influence politique de l'UE sont souvent inférieures à son influence économique, financière et diplomatique, expliquent-ils. Selon eux, ce manque de visibilité résulte parfois d'un manque de clarté dans la représentation extérieure de l'UE, appelant à définir clairement les compétences de chacun.
Le PE appelle la Haute Représentante à développer une PESC « prospective et plus cohérente » pour défendre l’ordre international fondé sur des règles et à faire preuve de leadership mondial dans les initiatives multilatérales.
Selon lui, l'UE doit poursuivre de manière plus affirmée ses objectifs stratégiques, en mobilisant des partenariats et des alliances fondés sur des intérêts communs.
Les eurodéputés demandent en outre que l’Union rende le processus d’élargissement plus prévisible et à maintenir la dynamique d’élargissement. Ils soulignent aussi le potentiel stratégique de la stratégie 'Global Gateway', non seulement pour servir de plateforme d’investissement, mais aussi d’outil visant à renforcer la présence et la visibilité de l’Union dans le monde.
Le PE demande une nouvelle fois au Conseil de passer progressivement au vote à la majorité qualifiée pour les décisions relevant de la PESC qui n’ont pas d’implications militaires ou en matière de défense.
Le rapport fait aussi un tour d’horizon des rapports de l’UE avec ses principaux partenaires, ses voisins et les pays d’intérêt.
Voir le rapport : https://aeur.eu/f/kc0 (Camille-Cerise Gessant)