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Bulletin Quotidien Europe N° 13785
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INSTITUTIONNEL / Avenir de l'ue

L'Union européenne doit se doter d'un « paquet de mesures de dissuasion » pour faire face à tout type d'agression extérieure, estime Valérie Hayer

« Nous ne tolérerons pas que l'Union européenne soit inscrite au menu » de grandes puissances prédatrices, a déclaré la présidente du groupe Renew Europe au Parlement européen, la Française Valérie Hayer, mardi 13 janvier, alors que la récente intervention des États-Unis au Venezuela a donné plus de consistance à l'hypothèse d'un accaparement américain du Groenland, territoire sous souveraineté danoise.

En réponse à l'accélération d'une tectonique des plaques géopolitiques depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, « une réponse européenne visible est nécessaire », a déclaré Mme Hayer, pour qui cette réponse passe par la mise au point d'un paquet de mesures ('deterrence package') permettant de dissuader les grandes puissances d'un passage à l'acte.

En termes d'initiatives concrètes, « rien ne doit être exclu » à l'intérieur des limites tracées par les traités européens, a estimé l'eurodéputée. Elle a énuméré les actions possibles suivantes : - « intégrer le Groenland au sein d'une stratégie révisée pour la région arctique » comportant des volets tant économiques que sécuritaires et qui rassemble l'UE ainsi que des pays tiers comme « le Royaume-Uni, le Canada, l'Islande » ; - mettre sur pied une force navale de dissuasion patrouillant au large du Groenland ; - créer « un Conseil européen de sécurité » ; - envisager le recours, encore inédit, au « mécanisme 'anti-coercition' », qui autorise l'UE à adopter des mesures de rétorsion contre un pays tiers qui exerce une coercition économique sur l'UE ou un État membre ; - utiliser le pouvoir que confère le marché intérieur, à la fois pour stimuler la compétitivité et/ou pour conditionner son accès aux entreprises étrangères, « même si cela peut faire mal au début » ; - bâtir une sphère d'influence dans le voisinage proche de l'UE à travers des alliances, des accords de coopération, des partenariats économiques.

Accord commercial UE/États-Unis. Interrogée sur la position que pourrait arrêter le PE dans quelques semaines sur l'accord économique scellé en juillet 2025 avec Washington (EUROPE 13689/1, 13690/1), la présidente du groupe Renew Europe a estimé que « tout (était) ouvert ». Cet accord est « déséquilibré et mauvais pour l'Europe » et, alors qu'il était censé apporter « prévisibilité et stabilité », il ne freine pas les attaques contre « la souveraineté réglementaire » européenne, a-t-elle fait valoir.

Selon elle, le vote du Parlement sera extrêmement politique et, s'il s'agit d'aller de l'avant, alors il faudra y ajouter des conditions telles qu'une possible « réversibilité » des mesures en fonction du comportement des États-Unis vis-à-vis de l'UE.

Même son de cloche concernant les pressions sur les règles numériques de l'UE, exercées par Washington au nom d'une certaine conception de la liberté d'expression. « Il ne s'agit pas d'attaquer, mais de se faire respecter. (...) Il faut que M. Trump sache que, si on est attaqué, on a les moyens de répondre », a souligné Mme Hayer, notant que les 'Big Tech' américaines ont « besoin de notre marché ».

Alors qu'en France s'ouvre le procès en appel sur les emplois fictifs des assistants parlementaires des eurodéputés du parti d'extrême droite Rassemblement national (EUROPE 13611/2), Mme Hayer a également jugé « très grave » le fait que personne n'infirme les rumeurs selon lesquelles les États-Unis pourraient sanctionner des juges français chargés d'instruire l'affaire. « C'est toute l'hypocrisie de l'extrême droite en France », qui était aux avant-postes dans le soutien à Donald Trump et qui parle désormais de respect du droit international, a-t-elle fustigé. (Mathieu Bion)

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