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Bulletin Quotidien Europe N° 13785
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ACTION EXTÉRIEURE / Arctique

Des discussions sont en cours entre Alliés sur « les mesures qui font sens » pour protéger l'ensemble de la région arctique, indique Boris Pistorius

Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a fait état, mardi 13 janvier, de « discussions » en cours entre Alliés au sein de l'OTAN « sur les mesures qui font sens et sont nécessaires » pour protéger davantage le Groenland et, plus généralement, la région arctique. 

Lorsqu'on regarde la taille du Groenland et sa faible population, ce n'est « pas une région ordinaire » qui nécessite une présence constante, mais plus une capacité de patrouille et de surveillance, a déclaré M. Pistorius à l'issue d'une réunion de travail avec la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, à Berlin. « Il est de l'intérêt - non seulement des Américains, mais aussi de l'OTAN et de l'Europe - que le Groenland soit en sécurité », a-t-il ajouté, évoquant une coordination étroite avec le Danemark, qui assure sa souveraineté sur l'île.

Plusieurs fois sollicitée, Mme Kallas a considéré que les discussions en cours sur le Groenland ne devaient pas être exposées dans les médias, se limitant à relever l'existence d'« outils » à la disposition des dirigeants politiques.

Alors que l'administration Trump maintient que le Groenland est situé dans la sphère d'influence américaine et que les Européens seront incapables de défendre l'île face à l'appétit de la Russie et de la Chine, M. Pistorius a indirectement mis en garde contre tout accaparement du territoire d'un pays allié par un autre pays allié.

« Le moins que l'on puisse dire est que [dans un tel cas de figure] nous serions dans une situation sans précédent de l'histoire de l'OTAN et de toute alliance militaire », a-t-il noté.

Participant au Global Europe Forum organisé à Bruxelles par le groupe Renew Europe au Parlement européen, le Secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a salué le rôle du président américain, Donald Trump, dans la prise de conscience des Européens de la nécessité d'investir davantage pour leur propre sécurité. Il a replacé l'enjeu lié au Groenland dans le contexte, plus large, de la sécurité de l'ensemble de la région arctique, où le réchauffement climatique contribue à l'ouverture périodique de nouvelles routes maritimes.

Il y a un « accord complet » entre les sept pays de l'Alliance présents en région arctique, et même de tous les autres Alliés, sur le nécessité d'« accroître collectivement » les capacités afin de « s'assurer que la région arctique soit sûre », a-t-il indiqué, refusant de faire état des discussions en cours entre Alliés. Tel était déjà le cas avec mes prédécesseurs, notamment lors de tensions entre la Grèce et la Turquie, s'est-il justifié.

À Stine Bosse (Renew Europe, danoise), qui lui demandait de reconnaître qu'il n'y avait pas de menace imminente russe ou chinoise, M. Rutte a répété que l'enjeu était la sécurité « non seulement du Groenland, mais de la région arctique ». « Des routes maritimes s'ouvrent » dans tout cet espace et « non seulement les Russes sont actifs, mais aussi la Chine », a-t-il fait valoir. (Mathieu Bion)

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