La Présidence chypriote du Conseil de l’UE a mis en avant, dans son programme de travail, l’Ukraine comme « priorité centrale », le voisinage méridional et les relations transatlantiques dans le domaine de la politique étrangère de l’UE - qui est du ressort de la Haute Représentante. La situation au Venezuela pourrait aussi s'inviter à la table des ministres.
Ukraine. Pour Chypre, le soutien indéfectible de l’UE à l’Ukraine demeure « crucial ». La Présidence chypriote se dit prête à apporter, aussi longtemps que nécessaire, un soutien politique, diplomatique, économique, militaire et humanitaire supplémentaire, en utilisant pleinement tous les instruments de l’UE disponibles, y compris les missions de Politique de sécurité et de défense commune en Ukraine.
Afin de renforcer l’armée ukrainienne, la Présidence entend soutenir la mise en œuvre des instruments européens existants, notamment la 'Facilité européenne pour la paix' - toujours bloquée par la Hongrie - et l’assistance à l’industrie de défense ukrainienne.
Elle entend également favoriser une « planification stratégique à long terme » pour garantir un engagement durable de l’UE envers l’Ukraine en matière de sécurité, de reconstruction et de redressement.
Chypre souhaite en outre accroître la pression sur la Russie, y compris avec de nouvelles sanctions, et renforcer le dialogue et la coordination entre l’UE et les États-Unis sur l’Ukraine, notamment dans le cadre des efforts diplomatiques visant à parvenir à un accord de paix.
Enfin, la Présidence donnera la priorité à la question des enlèvements d’enfants ukrainiens, à la promotion des efforts de responsabilisation et au soutien des instruments juridiques.
Voisinage méridional. De par sa position géographique, Chypre fait aussi du voisinage méridional une priorité. « Région d’importance stratégique, il est essentiel de promouvoir les objectifs de stabilité, de sécurité et de prospérité de l’UE par la mise en œuvre du nouveau Pacte pour la Méditerranée », précise le programme. La Présidence assurera la promotion et la mise en œuvre du Pacte, notamment en veillant à la complémentarité avec le corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC).
La Présidence chypriote du Conseil de l’UE souligne aussi la nécessité du développement d'un partenariat structuré avec les pays du Golfe et de la conclusion d'accords commerciaux. Elle soutiendra l'approfondissement des relations avec les organisations régionales telles que le Conseil de coopération du Golfe, avec un deuxième sommet UE-CCG en 2026, et la Ligue des États arabes. Selon Chypre, la promotion du dialogue interculturel et interreligieux est un instrument essentiel pour favoriser la compréhension mutuelle, la cohésion sociale et la stabilité régionale dans le voisinage méridional de l’UE.
Concernant le Proche-Orient, la Présidence reste déterminée à soutenir les efforts de paix et les initiatives en cours pour la mise en œuvre du plan de paix à Gaza et à faciliter la distribution d’une aide humanitaire à grande échelle, notamment via le corridor maritime chypriote.
Relations transatlantiques. La Présidence chypriote estime que l’UE doit élargir son influence diplomatique auprès de partenaires partageant les mêmes valeurs. « Des relations transatlantiques fortes et mutuellement bénéfiques, tant avec les États-Unis qu'avec le Canada, demeurent indispensables au maintien de l'ordre international fondé sur des règles ». Alors que les relations sont compliquées, la Présidence entend promouvoir un dialogue UE/États-Unis constructif, inclusif et mutuellement avantageux dans tous les grands domaines de coopération.
Par ailleurs, la Présidence chypriote se dit « fermement résolue » à faire progresser le processus d’élargissement de « manière crédible, en obtenant des résultats concrets grâce à une approche fondée sur le mérite ».
Liens vers le programme de la Présidence et les réunions ministérielles : https://aeur.eu/f/k4d ; https://aeur.eu/f/k5o (Camille-Cerise Gessant)