Le commissaire européen chargé de la protection des consommateurs, Michael McGrath, est en visite en Chine pour une durée de cinq jours, jusque vendredi 7 novembre, et ce alors que de nombreuses plateformes commerciales chinoises en ligne sont sous le feu des critiques européennes (EUROPE 13631/15).
Accusées d'inonder le marché européen de produits non conformes, dangereux et polluants, Shein, Temu et AliExpress font l'objet de plusieurs enquêtes dans le cadre du règlement sur les services numériques (DSA) (EUROPE 13574/10). Le commissaire doit s'entretenir avec des responsables chinois et des représentants d'entreprise pour leur exposer « les détails des normes de l'UE en matière de sécurité des produits et de protection des consommateurs ».
Cette visite intervient quarante-huit heures après le signalement de Shein auprès de la justice française : samedi 1er novembre, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé avoir signalé au procureur de la République la vente de « poupées sexuelles d’apparence enfantine » sur Shein.
Le ministre de l’Économie a, depuis, menacé d’interdire l’accès de la plateforme au marché français, « si ces comportements sont répétés ».
Du côté de la Commission, on assure suivre l'affaire de près et que Shein fait l'objet « d'une surveillance stricte » de la part des autorités européennes.
L'afflux massif des produits issus des plateformes chinoises encombre les douanes européennes (EUROPE 13697/8), qui ont enregistré l'année précédente un nombre record de produits dangereux entrant dans l'Union (EUROPE 13623/11).
« Si vous regardez les données exactes, une partie significative des produits qui sont déterminés comme étant dangereux provient de Chine », a assuré Michael McGrath lors de la présentation du rapport, indiquant travailler en « étroite collaboration » avec les autorités chinoises pour « résoudre le problème à la racine ». (Isalia Stieffatre)