Les ambassadeurs des États membres auprès de l’UE ont discuté, mercredi 17 septembre, des mesures présentées un peu plus tôt dans la journée par la Commission européenne à l’encontre du gouvernement israélien (EUROPE 13711/1).
Un grand nombre de délégations auraient salué les propositions et mis en avant la nécessité d’avancer rapidement. Quelques délégations auraient exprimé des réserves claires, notamment la Hongrie. La Bulgarie, la Grèce ou encore la Slovaquie seraient aussi sceptiques quant à la suspension de la partie commerciale de l’accord d’association. Jeudi, le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a publiquement fait part de son opposition. « La Grèce annoncera sa position au Conseil, mais je suis certain qu’une telle décision n’est dans l’intérêt ni de l’Europe ni de la Grèce », a-t-il expliqué sur ANT1.
L’Allemagne, dont le secrétaire d’État Gunther Krichbaum s’était prononcé mardi contre la suspension de la partie commerciale de l’accord d’association (EUROPE 13710/17), ne se serait pas exprimée. L’Italie n’aurait pas non plus fait connaître sa position sur la proposition.
Alors que certains États membres se seraient interrogés sur la majorité qualifiée pour adopter la suspension d’une partie de l’accord commercial et non l’unanimité, les services juridiques auraient confirmé que la décision devra être prise à la majorité qualifiée. Les sanctions ciblées contre les ministres, les colons et les membres du Hamas devront, elles, être adoptées à l’unanimité.
Le groupe de travail du Conseil (le groupe 'Mashreq/Maghreb' - MAMA), qui s'est réuni le 18 septembre, est chargé d’examiner rapidement la proposition afin de permettre aux ambassadeurs de revenir sur le sujet dans les meilleurs délais. Cela pourrait avoir lieu dès la semaine prochaine.
Soutien du président du Conseil européen. Mercredi, le président du Conseil européen, António Costa, avait salué les propositions de la Commission européenne, ajoutant qu’il appartenait désormais aux États membres de se prononcer.
« Ces mesures ne visent pas le peuple israélien. Elles visent à démontrer que l'Europe ne peut accepter les actions du gouvernement israélien à Gaza et en Cisjordanie, qui vont bien au-delà du droit légitime d'Israël à la légitime défense », avait-il rappelé.
Mme Kallas opposée au boycott de l’Eurovision. Par ailleurs, la Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, a fait part, mercredi, de son opposition au boycott annoncé par plusieurs États membres du concours Eurovision de la chanson qui aura lieu mi-mai 2026, si Israël y participe.
« Toutes ces mesures visant à punir le peuple israélien sont, à mon avis, erronées », a-t-elle expliqué, rappelant que les mesures proposées par la Commission européenne n’avaient pas pour objectif « de punir Israël ou le peuple israélien ».
L'Espagne, l'Irlande, la Slovénie, les Pays-Bas et aussi l’Islande menacent de ne pas participer, alors que la Belgique réfléchit sur la position à adopter. (Camille-Cerise Gessant)