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Bulletin Quotidien Europe N° 13711
ACTION EXTÉRIEURE / Inde

L'UE demande à New Delhi de coopérer sur « tous les aspects de la lutte contre l'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine »

En adoptant sa communication commune sur un agenda stratégique avec l’Inde, mercredi 17 septembre, l’Union européenne entend renforcer la sécurité économique, diversifier ses chaînes d’approvisionnement, mais également identifier les sujets de divergence sur le plan géopolitique avec l'Inde.

L’objectif de cette communication est d’ouvrir la voie aux négociations sur un nouvel agenda stratégique commun (EUROPE 13589/1), qui devrait être adopté dans le cadre d’un sommet UE-Inde attendu pour janvier 2026.

Avant cela, les chefs d'État ou de gouvernement de l'UE devraient approuver, lors de leur sommet européen des 23 et 24 octobre, cette communication commune « afin de montrer qu'il ne s'agit pas seulement d'un exercice institutionnel de l'UE », a souligné un fonctionnaire européen.

Travailler malgré les désaccords géopolitiques. En particulier, cette communication s’inscrit dans un contexte de frictions, où l’Inde a participé à des exercices militaires organisés par la Russie et a augmenté ses importations de pétrole brut russe à prix réduit depuis l’invasion de la Russie en Ukraine, en 2022.

La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Kaja Kallas, a reconnu que ces actions « font obstacle au resserrement des liens ». « Car, en fin de compte, notre partenariat ne concerne pas seulement le commerce, mais aussi la défense d'un ordre international fondé sur des règles », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

Si la communication fait bien mention de la volonté de l’UE de débattre avec l’Inde de « tous les aspects de la lutte contre l'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine », elle est loin d’évoquer la possibilité d’appliquer des sanctions secondaires ou droits de douane à l’encontre de New Delhi, comme le souhaiterait le président américain, Donald Trump.

Mme Kallas est également restée vague sur la possibilité de mettre fin aux négociations sur l’agenda stratégique commun, si l’Inde ne fournissait pas de garanties suffisantes sur le soutien à l'effort de guerre russe.

Accent sur la sécurité, défense et connectivité. Malgré tout, l'UE estime qu'une coopération plus étroite avec l'Inde « est plus importante que jamais » et « une priorité stratégique ». La communication UE-Inde souligne la volonté politique, de part et d’autre, de renforcer la coopération en termes de sécurité et de défense, dans la droite ligne de la déclaration commune adoptée à l’issue de la visite du collège des commissaires à New Delhi, en février dernier (EUROPE 13590/1).

Ainsi, les deux parties travaillent depuis plusieurs mois à la mise en place d'un partenariat entre l'UE et l'Inde en matière de sécurité et de défense, s’inspirant des modèles de partenariat de l’UE avec le Japon et la Corée du Sud (EUROPE 13517/10).

Un volet de la communication est également consacré à la sécurité et la technologie spatiale, « un domaine dans lequel nous n'avons pas encore collaboré intensément avec l'Inde », a souligné un fonctionnaire européen.

L’UE insiste aussi sur l’importance de la connectivité entre régions. La volonté est celle de poursuivre les travaux sur le corridor économique IMEC (Inde-Moyen-Orient-Europe), mais aussi de renforcer la coopération trilatérale.

« Il s'agit donc de projeter la relation entre l'UE et l'Inde dans nos relations avec des pays tiers, y compris en Afrique, où nous pouvons travailler dans différents domaines, notamment la réalisation des objectifs de développement durable », a expliqué ce même fonctionnaire.

Plus important encore, l'UE souhaite augmenter les flux commerciaux avec l'Inde. C'est même le premier pilier de la stratégie publiée mercredi 17 septembre. L'UE répète son engagement à conclure les négociations sur l'accord de commerce avec l'Inde d'ici la fin de l'année et à avancer dans les discussions pour un accord sur la protection des investissements. 

Des avancées timides sur le plan commercial. C'est là pourtant une perspective qui reste encore incertaine. En effet, lors de la conférence de presse pour présenter le nouvel agenda stratégique, le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, est revenu sur sa visite en Inde, la semaine passée, où il a conclu la 13e session de négociations sur l'accord commercial. « Je dois admettre que j'avais espéré progresser davantage la semaine dernière », a-t-il regretté. 

Pour New Delhi, le commerce de produits agricoles est particulièrement complexe, le pays imposant des restrictions à l'exportation sur ces produits. « Certains produits sensibles peuvent être laissés de côté et nous nous sommes mis d'accord très tôt là-dessus », a expliqué le commissaire européen. « J'avais donc bon espoir que nous pourrions clore les chapitres sur l'agriculture la semaine dernière, mais, malheureusement, cela n'a pas été possible ». Pour Maroš Šefčovič, l'Inde doit désormais faire un pas vers l'UE et proposer des solutions qui soient acceptables par les colégislateurs européens.

Pour voir la communication : https://aeur.eu/f/ih4  (Léa Marchal et Pauline Denys)

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