Le centre de réflexion bruxellois Bruegel nuance l’ampleur de la fuite de l’épargne européenne vers les États-Unis dans une analyse présentée jeudi 11 septembre, mettant en lumière certains biais géographiques des investisseurs.
« Les investisseurs surpondèrent leurs propres pays dans leurs portefeuilles, par rapport à la taille du marché mondial », relève Bruegel.
Selon le 'think tank' économique, le secteur des compagnies d'assurances et des fonds de pension européens ('ICPF') manifeste une préférence pour l’investissement au sein de l’Union européenne, en particulier sur les marchés de la dette, et il sous-investit sur les marchés américains par rapport à leur taille.
« Bien que le secteur des ICPF européens détienne à peu près autant d’actions cotées dans l’UE qu’aux États-Unis, l’ampleur du marché américain justifie à elle seule une part importante. De plus, la performance historique des actions américaines a été bien plus solide. Si l’objectif de l’investissement des ICPF est d’assurer la sécurité financière des ménages européens, ils ne peuvent ignorer les États-Unis », notent les auteurs.
Ces derniers considèrent l’extension des retraites par capitalisation, via l’adhésion obligatoire ou automatique, comme les réformes les plus efficaces pour mobiliser le capital nécessaire à l'avenir de l'UE.
« Bien que de telles réformes soient complexes et politiquement sensibles, les responsables politiques nationaux devraient en considérer les avantages pour le financement des retraites et pour les marchés de capitaux de l’UE », concluent-ils.
Bruegel à Copenhague. Réunis à Copenhague samedi 20 septembre, les ministres européens des Finances se pencheront sur « les conséquences économiques de la géopolitique pour l’Europe » à l'occasion d'un échange informel en présence de Bruegel.
Lien vers le rapport : https://aeur.eu/f/ihc (Bernard Denuit)