La politique climatique s’est immiscée dans les discussions de la réunion informelle des ministres européens de l’Énergie, vendredi 5 septembre à Copenhague, à deux semaines du Conseil 'Environnement' extraordinaire à Bruxelles programmé pour tenter de s’accorder sur l’objectif climatique de l’UE à l’horizon 2040.
À son arrivée à Copenhague, le ministre danois du Climat et de l’Énergie, Lars Aagaard, a répété espérer décrocher un accord jeudi 18 septembre. « C'est notre objectif, et le dialogue se poursuit. Nous recevons des contributions très intéressantes de la part de divers pays et nous ferons tout notre possible pour voir si nous pouvons élaborer un ensemble de mesures susceptibles d'obtenir la majorité requise » d'États membres, a-t-il déclaré devant la presse.
Au moins six pays, dont la France et la Pologne, auraient explicitement demandé que les discussions se poursuivent au niveau des chefs d’État ou de gouvernement, lors du sommet européen, les 23 et 24 octobre prochains à Bruxelles (EUROPE 13701/18).
Cela signifierait que l’objectif 2040 de réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990 ne serait pas fixé à temps pour calculer la cible climatique 2035 de l’UE. Celle-ci est attendue au sein de la 'Contribution déterminée au niveau national' que l’UE est sensée soumettre ce mois-ci avant la COP30 à Bélem (Brésil).
Le Secrétaire d’État roumain, Cristian Bușoi, a reconnu qu’il s’agissait d’un « objectif très ambitieux », soulignant l’impact sur différents secteurs en Roumanie, tels que le système de transport, l’industrie et l’agriculture.
« Je ne peux pas affirmer, pour l'instant, que nous soutenons pleinement cet objectif. Mais nous devons atteindre la décarbonation totale prévue par le 'Pacte vert' d'ici 2050 », a-t-il expliqué.
Au contraire, la Finlande soutient l’objectif de 90% de réduction des émissions d’ici 2040 proposé par la Commission européenne début juillet (EUROPE 13672/2). La ministre finlandaise du climat et de l'environnement, Sari Multala, a toutefois remis en question la contribution des crédits carbone internationaux à hauteur de 3% de l’objectif 2040 (encadrés par l’article 6 de l’Accord de Paris sur le climat) à partir de 2036. Ce système autorise une compensation limitée des émissions de l'UE en finançant des projets de décarbonation à l’étranger.
« Une nouveauté évidente est l'article 6, et il faudra voir comment cela va évoluer. Je ne pense pas que cela représente une grande opportunité pour la Finlande », a-t-elle reconnu. Elle a toutefois jugé nécessaire l'introduction par la Commission européenne de flexibilités entre secteurs d’activité pour atteindre les objectifs respectifs de réduction des émissions.
Pour l’Espagne, le soutien à l’objectif de 90% est tout particulièrement important pour répondre aux engagements internationaux. Sur la question des crédits carbone internationaux, le secrétaire d’État à l’Énergie, Joan Groizard Payeras, a admis la nécessité d’introduire des éléments de négociation pour parvenir à un accord, tout en considérant que la priorité doit rester celle de « décarboner autant que possible l’industrie européenne ».
En parallèle, la Présidence danoise du Conseil de l’UE a entamé le 5 septembre, à Bruxelles, des discussions bilatérales avec les 27 ambassadeurs nationaux auprès de l’UE afin de parvenir à un accord. (Pauline Denys)