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Bulletin Quotidien Europe N° 13703
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

REPowerEU - l'adoption du règlement permettrait d'envoyer « un message fort » à la Russie, selon le commissaire européen Dan Jørgensen

Lors de réunion informelle des ministres de l’Énergie, jeudi 4 et vendredi 5 septembre, des discussions « dans les couloirs » ont eu lieu sur l’avancée du règlement REPowerEU pour un abandon définitif de toutes les importations de gaz russe dans l’UE d’ici 2028. Et ce alors que circulait une nouvelle révision du projet de compromis de la Présidence danoise du Conseil de l’UE, obtenue par Agence Europe et publiée le 4 septembre en soirée.

Celle-ci supprime notamment les articles 5 et 6 concernant l’interdiction de fournir à des entités russes des services à long terme liés aux terminaux GNL, afin de satisfaire la demande de la Belgique. Cela signifie que le règlement en l’état ne couvre pas les services fournis par les gestionnaires de réseau GNL aux entités russes, notamment le déchargement, le stockage, ou encore la regazéification.

Les experts nationaux 'Énergie' se pencheront sur ce nouveau texte mardi 9 septembre. 

Pour voir le consulter : https://aeur.eu/f/iay

Dépendance toujours existante vis-à-vis de la Russie. L’UE importe encore du gaz en provenance de Russie à hauteur de 13% de sa consommation, avec encore près de 3 milliards d’euros au deuxième trimestre de 2025.

Le ministre danois du Climat et de l'Énergie, Lars Aagaard, espère aboutir à un accord, comme planifié, lors du prochain Conseil formel 'Énergie', le 20 octobre prochain.

Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jorgensen, s’est dit « confiant » quant à l’adoption du texte, espérant qu’il entrera en vigueur dès le 1er janvier 2026 afin d’envoyer « un signal très fort au monde entier, en particulier à la Russie ».

Toutefois, la Slovaquie et la Hongrie sont toujours fermement opposées au nouveau règlement et, plus largement, à la volonté de la Commission européenne de se défaire complètement de tous les combustibles fossiles russes d’ici fin 2027. Notamment, la majorité de leur besoin en pétrole est encore couvert par les importations russes, via l'oléoduc Druzhba, qui a été interrompu temporairement à la suite d’attaques ukrainiennes en Russie, fin août.

Face à la position slovaque et hongroise, la ministre finlandaise du Climat et de l'Environnement, Sari Multala, a indiqué, devant la presse, qu’il serait « très utile que les pays de l'Est de l'Europe voient (…) qu’il s’agit de la voie que nous devons suivre pour atteindre une plus grande autonomie énergétique et une plus grande sécurité ».

Protection des infrastructures énergétiques. Le ministre lituanien de l’Énergie, Žygimantas Vaičiūnas, a cependant reconnu que les pays enclavés faisaient face à des conditions différentes et estimé que des efforts supplémentaires devaient être fournis pour soutenir ces pays.

Il a aussi mis l’accent sur la nécessité de protéger davantage les infrastructures énergétiques critiques de l’UE, notamment en prévoyant une ligne budgétaire distincte dans le nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) consacrée à la protection des infrastructures énergétiques critiques.

Également présent lors de cette réunion, le vice-ministre ukrainien de l'Énergie, Roman Andarak, a rappelé que « la sécurité énergétique était dans l'intérêt de tous les pays ; de l'Ukraine, de la Slovaquie et de la Hongrie ».

Une réunion a eu lieu, le jour même, entre le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et le Premier ministre slovaque, Robert Fico, précisément au sujet de l’infrastructure énergétique.

À ce sujet, M. Andarak a expliqué : « Nous avons la possibilité de transporter des carburants, non seulement depuis la Russie, mais aussi depuis d'autres régions, et nous disposons des plus grands réservoirs souterrains de gaz en Europe. Il existe certainement des options que ces pays (la Slovaquie et la Hongrie, NDLR) pourraient envisager ».

Accord UE-États-Unis. Les ministres ont également évoqué, en marge de cette informelle, l’accord commercial entre l’UE et les États-Unis, en particulier les engagements d’achat énergétique à hauteur de 750 milliards de dollars sur trois ans. De nombreux experts et membres de la société civile ont indiqué que ce montant n'était pas réaliste (EUROPE 13691/7, 13701/20).

Le commissaire Dan Jørgensen s’est pourtant dit satisfait que cet accord - envisageant en particulier une augmentation des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) et de carburants et technologies nucléaires américaines - prenne forme dans un contexte de fin de la dépendance vis-à-vis du gaz russe.

Il s’entretiendra, pour la première fois, avec le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, jeudi 11 septembre, à Bruxelles, sur ce sujet.

Développement des réseaux. Plus largement, la première session de discussion de la deuxième journée de réunion informelle était consacrée à l’élaboration de l’architecture post-2030 en matière de politique énergétique.

Elle a été suivie par un déjeuner de travail sur la contribution du secteur énergétique à la numérisation et à l’intelligence artificielle.

La session de travail de l’après-midi s’est concentrée sur les obstacles au développement de l’infrastructure énergétique. Elle a permis aux ministres d’échanger pour la première fois sur leurs attentes concernant le futur paquet de la Commission européenne sur les réseaux, attendu d’ici la fin d’année (EUROPE 13640/17). (Pauline Denys)

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