La Commission européenne a indiqué, jeudi 10 juillet, qu’elle allait examiner la décision d'Athènes de suspendre temporairement l’examen des demandes d'asile de personnes arrivant par bateau de pays d'Afrique du Nord.
« Nous sommes en contact étroit avec les autorités grecques pour obtenir les informations nécessaires sur ces mesures et leur mise en œuvre en pratique », a dit le porte-parole Markus Lammert, précisant que la Commission ne pourrait prendre de mesure, si nécessaire, qu’une fois la loi adoptée.
Le gouvernement grec a annoncé le 9 juillet son intention de suspendre pour trois mois dans un premier temps l'examen des demandes d'asile de personnes arrivées à bord de bateaux depuis les pays d'Afrique du Nord, tout particulièrement la Libye.
Cette décision doit permettre de freiner les arrivées en forte hausse de migrants sur l'île de Crète depuis les côtes libyennes. Plus de 7 000 personnes ont débarqué en Crète et sur la petite île voisine de Gavdos depuis le début de l'année, selon l’AFP.
Le 10 juillet, Frontex, l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, a indiqué que « les traversées migratoires par la Méditerranée orientale ont diminué de près d'un quart, pour atteindre 19 600 » entre janvier et juin 2025 par rapport à la même période en 2024, mais que cette route « a connu un développement notable ces derniers mois avec l'émergence du corridor Libye-Crète qui représente désormais le plus grand nombre de traversées en Méditerranée orientale ».
En mars 2025, la Pologne avait aussi adopté une loi permettant la suspension de longue durée de l'enregistrement des demandes de protection internationale pour lutter contre l'instrumentalisation des migrants.
Lien vers les données de Frontex : https://aeur.eu/f/htb (Solenn Paulic)