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Bulletin Quotidien Europe N° 13678
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Commission europÉenne

Le PE rejette la motion de censure contre la Commission 'von der Leyen II'

La motion de censure déposée par le Roumain Gheorghe Piperea (CRE) a été rejetée par le Parlement européen à une confortable majorité (360 voix contre, 175 pour et 18 abstentions), jeudi 10 juillet. Elle visait la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et l'ensemble du Collège de commissaires (EUROPE 13675/1). 

Depuis le début de la semaine, il était clair pour les groupes PPE, S&D, Renew Europe et Verts/ALE, qu'aucune voix dans leurs rangs ne viendrait soutenir la censure déposée par élus conservateurs et d'extrême droite. Le groupe CRE était divisé en deux, tandis que les groupes PfE et ENS avaient affiché leur soutien à la motion de censure.

Au moment du vote, quelques membres du groupe La Gauche ont finalement soutenu la motion.

Seule se jouait l'expression exacte du vote, entre abstention et vote négatif, jeudi. La veille, le S&D avait annoncé avoir obtenu la garantie de la présidente de la Commission que le 'Fonds social européen' (FSE+) serait maintenu dans le budget de l'UE post-2027, et non fusionné avec le Fonds de cohésion (EUROPE 13678/2). En échange, le groupe social-démocrate s'est engagé à voter contre la motion, au lieu de s'abstenir. 

Une abstention n'aurait pas permis une adoption de la motion, mais aurait envoyé un signal de rejet de la politique menée par Ursula von der Leyen. 

Pas de chèque en blanc. Dorénavant, les groupes S&D, Verts/ALE et Renew Europe scruteront les décisions de la Commission attentivement, et la perspective d'une autre motion de censure à l'avenir ne peut être écartée. Plusieurs élus ont en effet indiqué à Agence Europe qu'une motion de censure de la gauche n'était pas à exclure à l'avenir, si la présidente de la Commission, et le PPE, continuent de s'appuyer sur le soutien de l'extrême droite pour obtenir une majorité sur certains sujets.

« La présidente de la Commission doit comprendre que nous ne détournerons pas le regard sur le double jeu du PPE et de son président, Manfred Weber, au Parlement européen », a déclaré la présidente du S&D, l'Espagnole Iratxe García Pérez, après le vote. Pour son groupe, le discours de Mme von der Leyen sur l'état de l'Union, en septembre, sera un tournant.

Quant à la présidente du groupe de centre droit Renew Europe, la Française Valérie Hayer, elle a listé les conditions du maintien du soutien de son groupe : « Un 'Fonds pour la compétitivité' ambitieux (...), une conditionnalité plus stricte du budget de l'UE et un accord de plateforme fonctionnel pour impliquer les groupes centristes au Parlement ».

À l'extrême droite de l'échiquier politique, le groupe PfE envisage déjà de déposer une nouvelle motion de censure en septembre, si Mme von der Leyen décidait de diviser l'accord de commerce UE/Mercosur en deux parties pour le faire ratifier plus facilement, selon son coprésident du groupe, le Français Jordan Bardella. 

Pour le président du PPE, l'Allemand Manfred Weber, en tout cas, le rejet de la motion de censure illustre le caractère incontournable de son groupe dans l'hémicycle. « Le PPE a montré, une fois de plus, que nous sommes le facteur de stabilité pour le projet européen. Nous avons donné à la Commission européenne la force dont elle a besoin en cette période de turbulences », a-t-il considéré. (Léa Marchal)

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